Haut débit : les industriels de l'espace veulent des crédits de Bruxelles

Le monde de l'espace scrute la montée en puissance de la Commission européenne sur les questions spatiales. Si certains y voient un danger remettant en cause leur leadership installé par l'Agence spatiale européenne (ESA), d'autres plus opportunistes y voient aussi un nouveau moyen d'obtenir des crédits. C'est le cas de l'Association européenne des opérateurs de satellites (EOSA), en coopération avec les constructeurs de satellites (Astrium et Thales Alenia Space) et Arianespace, qui a adressé un courrier à deux vice-présidents de la commission européenne Neelie Kroes chargée de la stratégie numérique et Antonio Tajani en charge de l'industrie (dont l'espace). Elle plaide pour un effort financier en faveur des télécoms, qui, estime l'EOSA, seraient le parent pauvre de la politique spatiale européenne. « Ce n'est très clairement pas la première des priorités de l'Union européenne car ce secteur fonctionne très bien », explique à « La Tribune » Romain Bausch, PDG de l'opérateur SES. Vitesses de communicationsPour le patron du leader mondial des opérateurs de satellites, les objectifs de Neelie Kroes en matière de numérique sont ambitieux. Et donc nécessiterait un coup de pouce financier de la part de Bruxelles pour financer un « Mégasat » à l'échelle européenne. Selon Bruxelles, tous les citoyens en Europe doivent en 2020 avoir accès à Internet à haut débit de 30 Mégabit par seconde minimum et 50 % d'entre eux doivent avoir accès au très haut débit de 100 Mégabit et bidirectionnel (entrant et sortant). Mais « ce sont des débits que les satellites ne peuvent pas offrir aujourd'hui, affirme Romain Bausch. Nous estimons donc que la politique spatiale de l'Europe peut contribuer au développement de technologies satellitaires qui permettraient ces vitesses de communications ».En outre, Neelie Kroes a fixé pour 2013 un premier objectif selon lequel tous les citoyens européens doivent avoir accès à Internet haut débit... mais cette fois sans définir la vitesse. Du coup, les industriels craignent que Bruxelles privilégie des infrastructures terrestres en installant de la fibre optique. Un tel choix placerait « le satellite dans un rôle marginal », estime Romain Bausch. Et de conclure : « Il ne faut pas que l'Union européenne néglige l'importance du satellite pour atteindre l'objectif de 2013 de fournir de l'Internet à bande large à tous les citoyens européens ». Réponsee;ponse de l'Europe en octobre avec la publication d'une communication sur sa politique spatiale. Michel Cabirol

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