Le gouvernement portugais de plus en plus austère

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Le gouvernement portugais (de centre-droit) va transmettre ce lundi son projet de budget 2013, qui sera examiné par le parlement pour un premier vote prévu le 31 octobre.Sa caractéristique est une nouvelle hausse d\'impôts, qui serait effectuée par le biais d\'une réduction de 8 à 5 du nombre des tranches d\'imposition, l\'introduction d\'une surtaxe de 4%, une baisse de niveau des retraites et des allocations chômage et maladie.Récession de - 3% en 2012La réduction du nombre des tranches d\'imposition aura notamment pour effet d\'augmenter de 11,5% à 14% le taux d\'imposition des revenus les plus faibles. Les revenus moyens, entre 20.000 et 40.000 euros annuels, seront imposés à 37% au lieu de 35,5% auparavant. Le taux passera de 46,5% à 48% pour les revenus les plus élevés, au dessus de 80.000 euros, alors que la tranche supérieure concernait précédemment des revenus supérieurs à 153.300 euros.Cette hausse d\'impôts risque d\'aggraver la récession qui selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) devrait s\'afficher à - 3% en 2012 et - 1% en 2013.Les objectifs 2012 ne sont pas atteintsSurtout que son efficience n\'est pas prouvée. Ainsi, la majoration de la TVA dans le budget 2012 était censée rapportée cette année des revenus en hausse de 11,6%. Or, officiellement, sur les huit premiers mois de l\'année, l\'augmentation est à peine de 2,2%. La taxation pèse sur la consommation des ménages. Et elle a eu par exemple des effets ravageurs sur l\'activité de la restauration, un secteur fragile dont nombre de professionnels ont dû mettre la clé sous la porte.Cette nouvelle série de mesures devrait surtout accroître le ressentiment d\'une population qui depuis septembre s\'oppose à la politique gouvernementale sous la forme de manifestations qui ont mis des dizaines de milliers de personnes dans la rue.Le mois dernier, le gouvernement de Pedro Passos Coelho avait dû reculer après avoir annoncé voulu compenser les baisses des charges patronales par une augmentation de celles des employés.Taux de chômage à plus de 15%Les Portugais sont aux prises avec un taux de chômage record qui dépasse 15%, et à l\'instar des Grecs et des Espagnols, sont passés d\'une attitude stoïque au scepticisme puis récemment à la colère au regard d\'une situation qui se dégrade continuellement.Nombre de commentateurs portugais reprochent au gouvernment de ne pas résister aux demandes de la troïka des bailleurs de fonds internationaux (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI). Chaque trimestre une mission de ces experts vient s\'assurer du bon déroulé du plan de redressement des comptes publics, condition pour le déblocage d\'une nouvelle tranche de l\'aide de 78 milliards d\'euros qui a été accordée au pays. Mais comme les buts ne sont que rarement atteints, de nouvelles mesures de rigueur sont exigées.Berlin refuse le débat sur une pause dans les politiques d\'austéritéLe Portugal a déjà obtenu une révision de ses objectifs de réduction de déficit public, qui devrait atteindre cette année 5% du PIB et 4,5% du PIB en 2013, mais cela ne suffit pas.Aussi, lors de sa réunion annuelle à Tokyo cette semaine, le FMI a commencé à mettre en garde sur les effets dommageables d\'une politique d\'austérité excessive sur la croissance des pays sous contrôle de l\'Union européenne. Mais il s\'est attiré dimanche une cinglante réplique du ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble : \"Il n\'y a pas d\'option alternative à la réduction à moyen terme des dettes des Etats qui sont trop élevées\", soulignant que de tels débats ne faisaient que \"créer de la confusion.\"

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