Nouvelle supplique pour secourir le dollar

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changesLe dollar est venu affleurer la cote d'alerte de 1,50 pour 1 euro hier, dérivant jusqu'à 1,4968, en dépit des nouvelles mises en garde de deux responsables du groupe des Sept. Le ministre des Finances japonais, Hirohisa Fujii, a affirmé qu'il fallait éviter les dévaluations compétitives, rappelant que le dumping des monnaies en 1930 avait ruiné l'économie mondiale. Allusion non dissimulée au dollar et à la livre sterling, mais aussi aux monnaies asiatiques protégées par les banques centrales locales, qui interviennent à tour de bras pour empêcher leur appréciation. Quant à Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, il a à nouveau martelé qu'il était « extrêmement important que les autorités monétaires des États-Unis, secrétaire au Trésor et président de la Fed, poursuivent une stratégie favorable à un dollar fort, qui est dans leur intérêt » et pointé la volatilité excessive des taux de change comme « l'ennemi » public numéro un. L'engagement de responsables des grands pays de plus en plus nombreux en faveur d'une interruption de la dérive du dollar pourrait finir par convaincre les investisseurs d'interrompre leurs dangereuses pratiques de « carry trade », consistant à emprunter des billets verts à un taux voisin de zéro pour en placer le produit sur des monnaies plus rémunératrices.abondance pénalisantePour Jean-Louis Mourier et Christian Parisot, économistes d'Aurel BGC, ces positions pourraient se dénouer dès que les banques centrales commenceront à évoquer sérieusement la normalisation de leurs politiques monétaires. Et d'avancer que la seule explication logique à l'actuelle faiblesse de la monnaie américaine tient à son abondance, créée par les banques centrales elles-mêmes : elles ont injecté des quantités massives de liquidités sur le marché, majoritairement en dollars, qui n'avait pas besoin d'une manne aussi généreuse. Avant même de relever leurs taux directeurs, les mêmes instituts d'émission, lorsque l'heure de la mise en ?uvre des stratégies de sortie de crise aura sonné, devront procéder au retrait progressif de ces liquidités. Ce qui mécaniquement va entraîner une raréfaction des dollars en circulation et provoquer un rebond du billet vert.Le redressement du dollar pourrait commencer avant même le passage à l'acte des instituts d'émission, dès que les anticipations de politique monétaire intégreront ce scénario. D'autant, expliquent les deux économistes, que « le marché n'a pas encore intégré la notion que la Fed, lorsqu'elle commencera à relever ses taux d'intérêt, ira très vite et qu'elle va bientôt le faire savoir ». n

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