Le yuan, unique objet du ressentiment général

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changesMême accusée de manipuler sa monnaie, la Chine n'a jamais accepté de se faire dicter sa politique de change par ses partenaires. La visite du président américain, Barack Obama à Pékin (lire p.6) a peu de chance de modifier cette position. Ce n'est pas parce que le ton monte de la part des États-Unis et de l'Europe, mais aussi de celle de ses partenaires de la zone Asie Pacifique face à la sous-évaluation manifeste du renminbi-yuan que la Chine va changer de braquet. Pourtant, les observateurs ont cru déceler dans le rapport trimestriel de la Banque Populaire de Chine les prémices d'une plus grande flexibilité à l'égard du taux de change de « la monnaie du peuple ». Et ce alors que, depuis l'été 2008, Pékin a de nouveau arrimé son yuan au dollar au cours quasi fixe de 6,8250, après lui avoir laissé gagner 21,5 % de sa valeur par étapes très graduelles, depuis la réévaluation surprise de juillet 2005. Dans ce rapport, on peut lire que la banque centrale chinoise pourrait tenir compte « des flux de capitaux et des mouvements des principales monnaies pour améliorer la fixation du taux de change du yuan », alors qu'auparavant elle entendait maintenir « un yuan stable, à un niveau équilibr頻. Sous-entendu, le dollar n'entrera plus seul en compte dans la détermination du cours de la monnaie de l'ex-empire du Milieu, fixé quotidiennement par la banque centrale. Arbitrage politiqueNombre d'observateurs ont voulu voir dans ce virage sémantique le début d'une ouverture vers une nouvelle appréciation du yuan, même si elle ne devrait pas intervenir avant le milieu de l'an prochain. Résultat : sur le marché à terme, le cours du yuan à échéance douze mois a progressé de 3,5 %. D'autres font remarquer que la banque centrale ne joue pas le rôle d'arbitre de la politique de change chinoise, qui revient au pouvoir central. Ils avancent également que le chiffrage de la sous-évaluation du yuan par rapport au dollar établi par les experts américains ? un pourcentage de quelque 30 % ? est grossièrement gonflé. Selon Datastream, fournisseur de statistiques de Thomson Reuters, sur la base de la parité de pouvoir d'achat qui mesure le prix réel du panier de la ménagère dans les différents pays, le yuan ne serait sous-évalué que de 4 %. Tant que les exportations chinoises, en baisse de 13,8 % en rythme annualisé en septembre, ne retrouveront pas la croissance, Pékin ne devrait pas lâcher de lest sur son yuan. Quitte à continuer d'engranger des dollars s'ajoutant à ses 2.273 milliards de dollars actuels de réserves de change. Isabelle Croizard

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