Éric Besson reprend le chantier inachevé du numérique

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Le nouveau ministre délégué à l'Industrie Éric Besson retrouve dans son portefeuille l'économie numérique, dont il a été chargé entre mars 2008 et janvier 2009. Mais son passage à ce qui n'était alors qu'un secrétariat d'État, laisse un bilan maigre. Éric Besson avait alors communiqué à outrance ? jusqu'à cinq conférences de presse en trois jours -, et beaucoup promis, mais peu tenu. S'il s'est cantonné à un « ministère de la parole », c'est parce que ses possibilités d'action étaient limitées. En effet, le portefeuille de l'économie numérique était tout neuf (il avait été créé à son arrivée), et ne possédait ni budget, ni administration. Éric Besson tenta donc de se faire une place en jouant des coudes vis-à-vis des autres ministres, essentiellement Christine Albanel (Culture) et Luc Chatel (Industrie). À ce dernier, il disputa la représentation de la France lors des conseils des ministres des télécoms à Bruxelles. Ou lors du coup d'envoi de l'extinction de la télévision analogique, il organisa une conférence de presse la veille en dévoilant les principales mesures. Ou bien, lorsque Luc Chatel organisa une conférence de presse lors d'un conseil des ministres télécoms, il s'y invita. Pour se doter de sa propre administration, Éric Besson avait souhaité la création d'une « délégation nationale au numérique » (DNN), qui devait réunir les équipes chargées du numérique des différents ministères. Ce fut une des mesures phares du Plan Besson, vaste plan de 154 mesures - pour la plupart sans budget ni calendrier - annoncé en octobre 2008. Deux ans après, cette DNN n'a toujours pas vu le jour. Pas plus que le « conseil national du numérique », autre point du Plan Besson, qui devait regrouper la dizaine de structures consultatives sur le sujet. Autres propositions qui n'ont jamais vu le jour : le lancement d'une réflexion sur un rapprochement entre les régulateurs des télécoms (Arcep) et des médias (CSA) ; la coordinnation des politiques informatiques des ministères ; ou encore la possibilité de vendre des PC sans le système d'exploitation Windows de Microsoft, préinstallé - comme l'ont rappelé lundi les partisans du logiciel libre. Enfin, Éric Besson s'était opposé à ce que la 4e licence de téléphone mobile aille à un nouvel entrant, mais sera désavoué par François Fillon. D'autres mesures du Plan ont bien été mises en place, comme le déploiement dans les temps de la TNT ; le lancement d'une seconde offre de TNT par satellite ; la réforme de la commission sur la copie privée ; un cadre pour le déploiement de la fibre optique ; ou un accès Internet à 35 euros par mois sur tout le territoire. En janvier 2009, quand Nathalie Kosciusko-Morizet hérite du portefeuille du numérique, elle ne reprit pas à son compte le Plan Besson. Et elle abandonna même le nom de domaine www.francenumerique2012.fr, où était présenté le plan. Elle-même, en succédant à Eric Besson, a ouvert des chantiers inachevés à ce jour. À lui de les poursuivre ou de les enterrer ?

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