Le double pari Breton
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Transformer un succès financier en un succès industriel est le défi auquel est confronté tout chef d'entreprise au lendemain d'une acquisition. Thierry Breton, le patron d'Atos, en rachetant la division services informatiques de Siemens et ses 28.000 salariés, le sait. En réalisant cette opération majeure, applaudie par la Bourse, il prend aujourd'hui un double pari. D'abord celui de réussir là où Siemens a échoué. Car il s'agit d'une branche malade du géant industriel allemand qui est rachetée. Cela fait plusieurs années que Siemens s'épuise en vain à tenter de redresser la barre. La magnifique bouée de sauvetage laissée par le vendeur sous la forme d'un plantureux contrat a une date de péremption. Le schéma rappelle le modèle de Serge Tchuruk lorsque Alcatel cherchait il y a dix ans à se débarrasser d'usines en France : il en cédait le contrôle et les salariés pour une bouchée de pain à un sous-traitant qui bénéficiait d'un volume d'affaires garanti pour deux ans... et les problèmes commençaient la troisième année. Mais Atos n'est pas un sous-traitant asiatique. Il est dans son coeur de métier, sur son territoire européen et sur un segment de services en croissance. Ce premier pari est à la hauteur du fonceur Breton. Paradoxalement, le second pari qui consistera à conjurer les démons d'Atos sera moins aisé à gagner. La crise qui a précédé l'arrivée de Thierry Breton chez Atos était en partie due au fait que l'entreprise ressemblait davantage à une juxtaposition de sociétés acquises qu'à un groupe unifié. À Thierry Breton de prouver qu'Atos a changé. Que derrière cette nouvelle dimension, qu'il vient d'acquérir, prend corps un groupe intégré de classe internationale. [email protected] Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef
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