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La centrale à charbon anglaise de Drax joue sa survie sur la biomasse

La Tribune

Publié le 15 décembre 2010 à 22:54 - Mis à jour le 15 décembre 2010 à 22:54

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05 juin 2026

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Des kilomètres à l'avance, ses six énormes cheminées crachant de la vapeur d'eau se dessinent à l'horizon. De près, la taille des installations est à couper le souffle. La centrale à charbon de Drax, au nord de l'Angleterre, est un géant, produisant 7 % de l'électricité britannique, soit 4.000 mégawatts. Mais cet outil indispensable au bon fonctionnement du pays est aussi l'un des plus polluants : Drax est la plus grande centrale à charbon d'Europe.Les objectifs européens de réduction des émissions de CO2 mettent en question son avenir. Le gouvernement britannique souhaite qu'aucune nouvelle centrale à charbon sans capture de carbone (technologie qui n'est pas encore au point) ne soit installée après 2020. Mais la commission sur le changement de climat, organisme officiel conseillant le gouvernement, souhaite aller plus vite, pour qu'il n'y ait plus du tout de production d'électricité à base de charbon d'ici à 2020.Plantes et bois à brûler Consciente de la menace, Drax tente de s'adapter. Après sept années de recherche et de projets pilotes, elle a converti l'été dernier une partie de sa centrale à la biomasse. Au lieu de brûler du charbon, elle utilise des plantes, du bois ou encore des résidus agricoles (pailles, coquilles...), qui sont mélangés avec le charbon au niveau de la combustion. « Nos émissions de CO2 ont baissé de 12,5 % », vante Steve Drayton, de Drax, qui a supervisé le projet biomasse. Alstom est l'entreprise qui a mis au point ce qui est devenu la plus grande centrale à cogénération au monde.D'un point de vue environnemental, les bénéfices ne sont cependant pas si simples. Brûler de la biomasse produit du CO2, et Drax n'a donc pas « baissé » ses émissions. L'argument en sa faveur est que le bois ou les produits agricoles ont « capturé » du CO2 en grandissant, et que leur utilisation est donc neutre en termes de gaz à effet de serre. De plus, les plantes se seraient décomposées et auraient finalement émis du CO2. Enfin, rappelle Steve Drayton, c'est beaucoup mieux que du charbon : au total, la biomasse produit, sur l'ensemble de son cycle de vie, environ quatre fois moins de CO2.À quand un passage à 100 % de biomasse, mettant fin au charbon ? « Nous souhaitons y passer, et cela peut être fait pour 2020, mais cela nécessite l'aide du gouvernement », répond Steve Drayton. Financièrement, le projet n'est en effet pas rentable. La biomasse coûte trois fois plus cher que le charbon. Certes, Drax compense partiellement en achetant moins de « droits à polluer » mais cela ne suffit pas.Drax met donc la pression sur le gouvernement britannique. Actuellement, celui-ci attribue quatre fois plus de « certificats d'énergie renouvelables » (l'équivalent de droits à polluer) à l'énergie éolienne qu'à la biomasse. Drax veut une aide supplémentaire pour les centrales qui se convertissent du charbon vers la biomasse, qui ont le double avantage de supprimer du charbon et d'utiliser une énergie renouvelable. Le gouvernement pourrait lui répondre rapidement : il doit publier ce jeudi son projet de réforme du marché de l'électricité.

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