Après le conflit sur les retraites, la CGT n'est pas prête à tourner la page
La Tribune
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Pas question de se comporter comme si le conflit sur les retraites n'avait pas eu lieu ! Telle est la posture qu'a choisi d'adopter Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, en ce début d'année 2011. Après son pas de deux avec François Chérèque de la CFDT contre le report à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite, Bernard Thibault prend ses distances avec la centrale réformiste. Et s'affiche comme un farouche opposant tant de l'exécutif que du patronat.Geste le plus symbolique de cette nouvelle posture, le refus de se rendre aux traditionnels voeux aux partenaires sociaux à l'Élysée le 6 janvier dernier. « La CGT refuse d'apporter son concours à ce simulacre, elle décide par conséquent de décliner l'invitation de la présidence pour les voeux de 2011 », souligne la centrale de Montreuil dans un communiqué. Depuis, la CGT a aussi décliné la proposition de Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, de procéder à « un tour d'horizon social », jugeant cette « soudaine envie de dialogue surprenante » et regrettant « un argument particulièrement hypocrite à propos de l'intensification du travail et du stress ». Elle a également pris ses distances avec le patronat en refusant de cautionner l'agenda social élaboré paritairement lundi dernier. « Le texte finalisé est sans rapport avec les attentes sociales largement et massivement exprimées par les salariés », tranche l'organisation.Un double enjeuPour la direction de la CGT, l'enjeu est double. Elle veut montrer à ses troupes qu'elle ne reprend pas le cours normal des affaires après un long automne de manifestations. Mais aussi entretenir la flamme revendicative dans les entreprises. Particulièrement dans ses bastions traditionnels, alors que les récentes élections à la RATP ou chez EDF ont montré une érosion de son audience et que début mars, elle risque de subir la concurrence de SUD Rail à la SNCF.Sur le terrain, la CGT a choisi de porter deux dossiers emblématiques. Le premier sur la pénibilité, en tentant de décrocher par des négociations de branches ? notamment dans la construction ? ce qu'elle n'a pas pu obtenir de l'exécutif au moment de la réforme des retraites. Second axe, le lancement, ce lundi, d'une campagne de défense des 35 heures, en s'appuyant sur un avis du Comité européen des droits sociaux ayant jugé que la loi Bertrand de 2008 était « non conforme » à la charte européenne des droits sociaux. Une réponse du berger à la bergère, mais sous une forme très concrète, plus adaptée à un travail de labourage du terrain par ses équipes syndicales... Agnès Laurent
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