Orolia consolide ses activités avant de poursuivre son développement
La Tribune
La Tribune
Selon un dicton en vogue, « le temps, c'est de l'argent ». Pour Orolia, cela ne peut pas être plus vrai. Née en 2006 lors de la scission de Temex, fabricant de composants électroniques essentiellement destinés au marché des télécoms, Orolia avait alors repris les équipements et systèmes de timing et de synchronisation. Ces systèmes sont utilisés dans les satellites GPS ou les réseaux de télécommunications où ils permettent la synchronisation des réseaux entre eux. Une synchronisation indispensable pour gérer le trafic et reconstituer précisément les messages envoyés par paquets sur différents tronçons, par exemple. « Il s'agit en fait d'horloges ultra haut de gamme, qui fonctionnent au millionième ou au milliardième de seconde », explique Jean-Yves Courtois, PDG de la société.Au moment de sa création, Orolia réalisait 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. La stratégie de l'équipe dirigeante a alors consisté à regrouper les acteurs du secteur de la navigation et du timing - expression consacrée pour les systèmes à base d'horloges - acteurs qui travaillent tous pour les marchés de la défense, du spatial et de la sécurité. Cette stratégie de consolidation va être menée tambour battant.Pause dans les acquisitionsEn 2007, Orolia lève 12 millions d'euros auprès de plusieurs FCPI et investisseurs privés, et s'introduit en Bourse, sur le marché Alternext à Paris. Cela lui permet de racheter la société américaine Spectracom, spécialiste de la synchronisation. Cette acquisition porte son chiffre d'affaires à 20 millions d'euros et, surtout, lui ouvre les portes du marché de la défense aux États-Unis. Orolia étend encore le périmètre de cette activité en rachetant la société suédoise Pendulum, début 2008, et la britannique Rapco Electronics, début 2009. Désormais, l'activité timing représente la moitié de l'activité et un peu moins de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires. En 2009, Orolia acquiert deux spécialistes des balises de détresse, le français Kannad et le britannique McMurdo, et devient ainsi le numéro deux de ce marché très spécialisé. En fin d'année, elle procède à une augmentation de capital de 5,9 millions d'euros.En 2010, « nous avons fait une pause dans les acquisitions pour consolider nos activités », souligne Jean-Yves Courtois. Avec un effectif de 300 personnes, composé en majorité d'ingénieurs, Orolia a réalisé un chiffre d'affaires de 41,8 millions d'euros sur les neuf premiers mois de 2010, à comparer aux 31,1 millions d'euros réalisés en 2009. À périmètre constant, le chiffre d'affaires a progressé de 16,2 % sur les trois premiers trimestres de l'exercice 2010.« L'année 2011 s'annonce bien », précise Jean-Yves Courtois. La société dispose d'une trésorerie de 20 millions d'euros, ce qui lui permettra de poursuivre sa consolidation. Orolia souhaite se développer aux États-Unis, qui représentent 60 % des marchés mondiaux sur lesquels elle est présente. Signe de bon augure, elle vient de remporter un contrat de 3 millions de dollars avec l'armée américaine.
La Tribune