À la tête de la BCE, le futur choc des extrêmes

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C'est donc Vitor Constâncio qui viendra chaque mois lors de la conférence de presse de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) s'asseoir à la droite du président, Jean-Claude Trichet. Avec lui, la voix des « colombes » sera renforcée au sein du directoire, car il a la réputation d'être le plus chaud partisan d'une certaine souplesse monétaire au sein du conseil des gouverneurs. C'est un homme d'expérience, qui, malgré une solide formation d'économiste, est avant tout un politique. Membre en 1974 du gouvernement provisoire qui a suivi la révolution des ?illets, il devient brièvement ministre des Finances quatre ans plus tard avant de conduire le parti socialiste lors des élections législatives de 1987, où il subit une défaite. Revenu à la vie privée, il est nommé en 2000 gouverneur de la Banque du Portugal, poste qu'il avait déjà occupé de 1985 à 1986. À Lisbonne, Vitor Constâncio a été très critiqué pour les manquements de la supervision bancaire de la banque centrale avant la crise, notamment dans le cas de la BPN, finalement nationalisée.Colombe, social-démocrate, laxiste sur la supervision : tout aurait dû déplaire à Berlin dans le candidat portugais. Du reste, voici un mois, ils étaient bien peu à parier sur sa nomination. Mais l'Allemagne a cédé sur le poste de numéro deux pour assurer à Axel Weber la tête de la BCE en 2011. Ce sont donc deux hommes que tout oppose qui pourraient se retrouver côte à côte à la direction de la politique monétaire européenne. Président de la Bundesbank (Buba) depuis 2004, Axel Weber, 53 ans, n'est en effet pas un politique, mais un universitaire réputé. Sa fermeté vis-à-vis du secteur bancaire lui a valu une certaine popularité. On dit d'ailleurs que, même s'il n'hésite pas à rappeler son gouvernement à l'ordre pour ses dérives budgétaires, il a l'oreille d'Angela Merkel, qui l'a beaucoup écouté durant la crise. Il est considéré comme un authentique « faucon », pur produit de la « pensée Buba », strict sur la stabilité des prix et la rigueur budgétaire. Reste à savoir si la stratégie de Berlin sera gagnante. Le Premier ministre luxembourgeois, déçu de ne pas voir son banquier central, Yves Mersch, occuper la place de numéro deux de la BCE malgré les assurances passées de Berlin, s'est en effet ouvertement prononcé contre le patron de la Buba. En réalité, c'est Paris qui a les clés de la succession de Jean-Claude Trichet. Ce mardi, la presse allemande s'inquiétait de l'attitude de Paris, apparemment ralliée à la stratégie allemande, mais qui laisse en fait la partie ouverte. Romaric Godin, à Francfort

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