L'Eurogroupe a un plan secret pour aider la Grèce

Les pays de la zone euro ont convenu en début de semaine d'apporter leur aide à la Grèce « si nécessaire », sans vraiment donner de détails concrets sur leur plan. Officiellement, on ne sait ni comment, ni par qui, ni combien, ni quand ce plan serait activé. Est-ce parce que les ministres des Finances n'ont toujours pas réussi à s'entendre qu'ils entretiennent ce flou ou ne veulent-ils pas montrer leur jeu aux marchés, avec lesquels ils ont entamé une partie de poker menteur ? discussions « techniques »Grâce aux indiscrétions, on sait tout de même que le plan consisterait en des prêts nationaux des pays de la zone euro à la Grèce, à hauteur de 20 à 25 milliards d'euros. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a martelé mardi à Berlin « qu'aucune décision politique » n'avait cependant été prise par l'Eurogroupe qui s'est limité à des discussions « techniques ». La décision reviendra aux chefs d'Etat et de gouvernement. « Si cela s'avérait nécessaire, l'accord est prêt dans la zone euro pour que, de façon coordonnée et sous la houlette de la Commission, une aide bilatérale soit accordée », a déclaré Jean-Claude Juncker, le patron de l'Eurogroupe. Mais les grands argentiers veulent afficher leur certitude qu'il n'auront pas besoin de ce plan. Regrettant un message politique « pas clair », l'eurodéputée socialiste grecque Anni Podimata dénonce « l'absurdité européenne ». « D'un côté, on empêche la Grèce de solliciter l'aide du FMI et de l'autre, on nous pousse dans ses bras », assure-t-elle. Les Européens veulent croire que la Grèce se redressera grâce à ses seules réformes et comptent attendre le dernier moment pour lâcher tout soutien. Toutefois, « nous arrivons à un point où la Grèce a pris des mesures draconiennes. Oui, nous avons vu une certaine diminution des spreads mais pas de manière suffisante pour nous permettre de revenir », considère Theodoros Skylakakis, eurodéputé grec de centre-droit. « Nous devrions réagir si l'insolvabilité était imminente », concède Wolfgang Schäuble. La Grèce devra rembourser plus de 20 milliards de dettes dans les deux prochains mois. n

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