L'éditorial de Pierre-Angel Gay : guerre de la pub sur le Net
La Tribune
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Sur le Net, la guerre de la pub est déclarée. L'attaque est venue d'où on ne l'attendait pas : de Twitter, le site sur lequel l'internaute rédige des "gazouillis", des minimessages de 140 signes maximum. Jusqu'à mardi, et après trois années d'un succès fulgurant, on n'en connaissait pas vraiment le modèle économique. Maintenant, on sait. Twitter a dévoilé un nouveau service publicitaire, baptisé "Promoted Tweets". Désormais, les "accros" du réseau social qui feront une recherche, verront apparaître des "gazouillis" promotionnels, ressemblant à s'y méprendre aux liens sponsorisés de Google. Des liens en or massif, puisqu'ils représentent la moitié de la publicité en ligne dans le monde et dont Google s'arrogeait jusqu'ici la part du lion. Sa part est même si grande (elle est estimée à... 90 % en France), qu'il peut difficilement espérer la conserver. Du coup, le géant de Mountain View, en Californie, a décidé de se faire une place dans les bannières de publicité classique sur le Net. Après le rachat de la place de marché publicitaire DoubleClick, il recrute à tour de bras. Et s'aventure dans un domaine où le français Publicis pensait avoir pris un avantage décisif en s'offrant en août 2009 l'agence de publicité numérique Razorfish, deux ans et demi après avoir acquis un autre spécialiste, Digitas. Depuis, le groupe français s'était tout entier repensé pour asseoir sa présence sur ce marché : des spécialisations pointues pour Razorfish et Digitas, des compétences de base pour toutes les autres agences du groupe. L'enjeu est d'autant plus grand que le gâteau est gros (il représente déjà plus de 10 % du marché publicitaire mondial). Et qu'il croît vite, de 10 % par an. En Grande-Bretagne, les recettes publicitaires brutes sur Internet sont déjà supérieures à celles de la télévision. Entre acteurs venus du Net et agences traditionnelles, la lutte s'annonce sans merci.
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