Biotechs : c'est la Bourse qui va séparer le grain de l'ivraie

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C'est un premier signal, mais il n'est pas de bon augure. L'offre de placement de la biotech Neovacs, spécialisée dans les vaccins thérapeutiques, s'est achevée mercredi 14 avril au soir. La société n'a finalement levé que 10 millions d'euros en Bourse. Initialement, elle en espérait 20 et de montant avait été réduit à 11 millions en cours de placement. Extérioriser la valeurCes difficultés relancent le débat dans le secteur : est-il pertinent de solliciter les marchés pour financer le développement des biotechs, ces "start-up" dédiées à la recherche qui, dans leur majorité, ne réalisent pas encore de chiffre d'affaires? "Une introduction permet aux actionnaires historiques d'extérioriser la valeur de leur placement, et de céder plus facilement leur participation par la suite. Mais toutes les biotechs n'ont pas leur place en Bourse. Celles dont les projets ne sont qu'en phase I ou II d'essais cliniques [sur trois, ndlr] ne sont, à mon avis, pas assez matures pour prétendre à un financement par des investisseurs institutionnels ou des particuliers" explique Rodolphe Besserve, analyste à la Société Généralecute; Générale. Un avis partagé par Gérard Soula, PDG d'Adocia. Lui a profité en janvier d'une aide de 6 millions d'euros d'InnoBio, le fonds biotech créé par le FSI. "Pour lever 10 ou 15 millions d'euros, il est souvent plus simple de se tourner vers les capitaux-risqueurs ou de conclure un partenariat de licence avec un grand laboratoire pharmaceutique" estime le dirigeant.Pis aller C'est bien là que le bât blesse. "La Bourse constitue parfois un pis-aller pour des biotechs qui n'ont trouvé ni financement ni partenaire industriel" glisse un bon connaisseur du secteur.De fait, France Biotech, l'association professionnelle du secteur, soulignait la semaine passée que les montants investis par les sociétés de capital-risque, traditionnels soutiens de ces start-up durant leurs premières années de développement, ont chuté de 57 % en 2009, à 65 millions d'euros, après un recul de 16% en 2008. François Drouin, PDG d'Oséo, la structure publique de financement des PME, a lui aussi exprimé son "pessimisme" sur la capacité des biotechs à lever des fonds.Sauter le pasPourtant, pas moins de six dossier pourraient briguer les faveurs des marchés cette année : outre Neovacs, Deinove (biocarburants) et AB Science (immunologie) qui se sont déclarés officiellement, des groupes comme Carmat (coeur artificiel), Novagali (ophtalmologie) et Integragen (diagnostic) sont tentés de sauter le pas.Dans le cas de Neovacs, seuls 2 millions ont été souscrit par des investisseurs particuliers. Le reste est allé à des institutionnels, dont 2,5 millions de la part des actionnaires historiques de la société (les fonds Truffle Capital, Novartis Venture fund, et OTC). Le véritable baromètre du secteur devrait être AB Science, qui cherche à lever 55 millions d'euros sur le compartiment B d'Euronext. Un montant conséquent, mais qui s'appuie sur un atout : la biotech possède déjà un traitement canin commercialisé en Europe, qui lui confère une certaine visibilité financière. Le placement d'AB Science se termine mardi 20 avril, tout comme celui de Deinove, qui souhaite lever 12 millions sur Alternext. Nul doute que les résultats de cette première salve seront observés avec attention par les candidats à l'aventure boursière.

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