Le carnet de bord boursier et... decalé de Fabio Marquetty et Gaël Vautrin

STRONG>Lundi : dynamique aigre-douce La Chine fascine autant qu'elle effraie. Perçu tantôt comme un Eldorado pour des groupes occidentaux en mal de croissance, tantôt comme le chantre de l'obscurantisme comptable, l'Empire du Milieu intrigue. Dès lors, la moindre progression trop rapide des Bourses asiatiques est prétexte à tirer la sonnette d'alarme. Gare à la surchauffe, s'esclaffaient les Cassandre au moment où l'indice Hang Seng frôlait les 23.000 points mi-novembre. Aujourd'hui, la Bourse de Hong-Kong cote toujours au-dessus de la barre des 22.000 points. N'en déplaisent aux sino-sceptiques, la demande intérieure du pays est bel et bien réelle. La dynamique d'investissement des entreprises nationales, dont la part dans le PIB est passée de 42% à 45% en un an selon les estimations de Natixis, compense l'affaiblissement des partenaires étrangers. Dans un sens, le déficit de la balance commerciale chinoise a du bon. Mardi : faux départL'ouverture d'un bal n'est pas chose aisée. Les premiers à se lancer dans l'arène ont la lourde tâche de donner le tempo tout en veillant à éviter une chute qui pourrait entacher le bon déroulement de la soirée. Il arrive que certains, comme Alcoa, loupent leur entrée. Le producteur d'aluminium est pourtant un grand habitué des coups d'envoi de publications de résultats. Malheureusement, le maître de cérémonie ne trouve pas les chiffres justes pour convaincre la communauté financière. Les gérants récupèrent leur mise. On croit la fête finie. Jusqu'à ce qu'une lueur d'espoir pointe à l'horizon. Les contours se dessinent plus nettement pour laisser apparaître un couple atypique. Main dans la main, un banquier et un fabricant de semi-conducteurs promettent des jours meilleurs. Le lendemain, les performances trimestriels d'Intel et de J.P.Morgan provoqueront, de Paris à New-York, une déferlante d'achats. Mercredi : l'autre pays de la detteOn savait le risque souverain itinérant. Après un prologue en Grèce, on s'attendait à ce que la caravane des déficits abyssaux fasse escale en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Loin de là, la nouvelle étape, c'est le Japon. La banque centrale annonce la poursuite d'une politique monétaire accommodante pour juguler la déflation. Tout ça, pour ça ! L'occasion d'un coup de projecteur sur sa dette qui avoisinera les 200 % du PIB cette année. Ce qui en fait le vainqueur de la « Dette Academy 2010 », soit le pays développé le plus endetté du monde. Ni surprise, ni inquiétude. Le Japon n'est pas la Grèce. Là-bas, les passifs se règlent en famille : 93 % de la dette du pays est aux mains d'investisseurs japonais. Et les perspectives ne dépendent pas du tourisme, de la fêta ou de l'Ouzo. Le Japon, c'est un pays qui émerge d'un mauvais rêve de quinze ans. Un pays qui a suivi la tectonique des plaques économiques d'après crise et qui, depuis la fin 2009, a pour principal marché d'exportation la Chine. Bref, des vents plus que porteurs. Loin de ceux des Cyclades ...Jeudi : histoire de familleAu début, fille et mère arpentaient les mêmes allées dans les cours de l'Elysée. Depuis, les temps ont un peu changé. Après avoir longtemps conseillé son président de père, la première, Claude Chirac, a décidé de faire profiter de ses talents de communicatrice à monsieur Pinault le fils. Au 10 de l'avenue Hoche. Pendant, ce temps là, Bernadette reste nostalgique d'un certain passé où les boutiques de luxe de l'Avenue Montaigne ne demandaient qu'à accueillir la première dame de France. Plus particulièrement du côté des grandes marques de maroquinerie dont certains monogrammes marquent à jamais les esprits. Rien n'échappe à son oeil avisé. Bernard Arnault sait qu'il s'agit là d'une expertise à ne pas laisser filer chez la concurrence. Quitte à lui proposer une place au conseil d'administration de LVMH. On se risquerait volontiers à croire que la famille finisse un jour par rapprocher ces deux grands rivaux du monde des affaires. Vendredi : arbitrage souverainDépassé, pas glamour, pas si défensif que cela, gargantuesquement capitalistique ... On croyait les utilities sans intérêt aux yeux des investisseurs. Il n'en est rien. Les fosses septiques, les eaux usées, les déchets ménagers, ça fait rêver les fonds souverains du Moyen-Orient. Comme quoi, l'égout et les couleurs, ça ne se discute pas ! Pas pour la paix des ménages hexagonaux, le fonds Qatari Diar vient de prendre 5 % du capital de Veolia, trois semaines seulement après avoir cédé 2 des 3 % qu'il détenait depuis deux ans au capital de Suez Environnement. L'opportunité pour l'ancienne maison de Proglio de colmater un peu plus son capital et surtout de s'ouvrir les portes d'un marché, le Moyen Orient, où son éternel rival était jusqu'ici bien plus présent. C'est ce qui s'appelle de l'arbitrage ... souverain.

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