Nucléaire : EDF sur orbite en Grande-Bretagne

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Vincent de Rivaz ne cache pas un certain soulagement. Le patron d'EDF en Grande-Bretagne a l'accord du nouveau gouvernement britannique de coalition ouvert sur son bureau, souligné aux endroits clés. Celui-ci indique clairement que, malgré l'opposition de principe des libéraux-démocrates aux centrales nucléaires, ces derniers ne bloqueront pas les nouvelles centrales. Les libéraux-démocrates, qui sont les partenaires des conservateurs dans la nouvelle coalition au pouvoir, vont officiellement s'abstenir lors du vote sur le sujet. « Les conditions sont réunies pour que le travail continue, se réjouit Vincent de Rivaz. Je suis rassuré ».Dix-huit mois après avoir réalisé pour 15 milliards d'euros l'acquisition de British Energy, qui possède 15 centrales nucléaires, EDF avance ses préparatifs pour construire quatre EPR outre-Manche. Mais un soutien politique du nouveau gouvernement était essentiel. Si l'électricien français va investir lui-même les sommes nécessaires pour la construction (au moins 5 milliards d'euros pièce), il a besoin de l'aide gouvernementale à deux niveaux. Le premier est la « déclaration de politique nationale » (national policy statement), qui doit confirmer la volonté du gouvernement de construire du nucléaire. Un vote de la loi devrait avoir lieu cet automne.Principe pollueur-payeurL'autre soutien gouvernemental dont a besoin EDF est pour fixer un prix plancher du CO2. Actuellement à seulement 12 euros la tonne, le CO2 est si bas qu'il rend compétitif la construction de centrales conventionnelles. Pour réaliser ses investissements, EDF a donc besoin d'un encadrement du prix du carbone. « Le CO2 est une pollution, explique Vincent de Rivaz. Le principe pollueur-payeur s'applique. Il faudra que le mécanisme pour un prix plancher soit arrêté dans les 12 à 18 mois, quand nous prendrons nos décisions d'investissement finales  ».Vincent de Rivaz, qui avait un très bon réseau auprès des travaillistes, va donc devoir se rapprocher du nouveau ministre de l'énergie, Chris Huhne. En tant que libéral-démocrate, ce dernier est personnellement opposé aux centrales nucléaires. Le patron d'EDF en Grande-Bretagne se veut rassurant : « Je connais bien Chris. C'est un homme d'intégrité et de compétence. Et c'est un pragmatique ».Outre les négociations politiques, EDF doit par ailleurs préparer les immenses chantiers à venir. Les consultations locales à Hinkley, dans le Sommerset (sud-ouest de l'Angleterre), où sera construit le premier EPR - pour une ouverture en 2018 - ont déjà eu lieu. Les négociations avec les autorités de sûreté ont également avancées. Celles-ci avaient fait part en novembre de leurs « inquiétudes significatives » concernant certains aspects du design mais Vincent de Rivaz se veut rassurant : « Nous sommes dans la phase finale et il n'y a pas eu de surprise majeure. Notre objectif demeure de conclure l'approbation technique d'ici à mi-2011. »Reste l'un des principaux défis : la reconstruction de la filière nucléaire en Grande-Bretagne, où aucune centrale n'a été construite depuis plus de quinze ans. EDF a organisé des réunions avec les entreprises britanniques, pour leur faire part de sa façon de travailler et de ses attentes. Les premiers contrats seront passés d'ici « 6 à 12 mois ». L'électricien a aussi lancé d'importants programmes de formation, dont l'ouverture d'un centre de formation aux techniques nucléaires dans l'ouest de l'Angleterre. Un autre devrait ouvrir près de Londres. Bref, « il reste beaucoup à faire », conclut Vincent de Rivaz.

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