L'odyssée des dettes publiques fait chuter l'euro et la livre

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Certains rêvaient que l'émergence d'une chambre introuvable en Grande-Bretagne transfère la vague spéculative de l'euro à la livre. Or, non seulement ce scénario ne s'est pas concrétisé, mais les deux monnaies en même temps se retrouvent dans la ligne de mire des « ours », les vendeurs, du marché des changes. Pour la première fois depuis dix-huit mois, l'euro s'est affaissé en dessous du seuil de 1,25 dollar, pour dériver jusqu'à 1,2355 vendredi. L'information diffusée par le quotidien espagnol « El Pais » selon laquelle le président Sarkozy aurait menacé de faire sortir la France de l'euro pour forcer l'Allemagne à accepter le plan de sauvetage de la Grèce, a jeté de l'huile sur le feu. Tout comme l'ancien président de la Fed, Paul Volcker qui a évoqué des risques de « désintégration de la zone euro » si sa gouvernance économique n'était pas réformée. C'est pourtant ce à quoi l'Europe s'emploie de toutes ses forces, sans toutefois parvenir à tempérer la défiance des marchés. De son côté, la livre sterling est tombée à son plus bas niveau depuis un an face au billet vert, enfonçant, elle, la barre de 1,45 dollar, pour refluer jusqu'à 1,4495. La méthode de la BCELes marchés attendent de connaître les détails concernant la méthode que choisira la BCE pour stériliser ses achats de dette souveraine visant à empêcher qu'ils ne déclenchent une spirale inflationniste via l'augmentation de la liquidité en circulation. Si la BCE monétise la dette publique en faisant fonctionner la planche à billet, ce qu'elle s'interdit de faire sans que l'on sâche encore par quels moyens, l'euro sera attaqué. Mais si elle stérilise ses achats d'obligations grecques, portugaises ou espagnoles... en drainant des liquidités dans les poids lourds de l'Europe, comprimant leur croissance, l'euro sera également attaqué. La Banque d'Angleterre est dans une situation presque aussi délicate. Pour compenser les mesures de réduction du déficit budgétaire que l'équipe de l'improbable couple Cameron?Clegg va devoir mettre en place, la Vieille Dame pourrait être contrainte de réactiver son programme d'achats de gilts, les emprunts d'état britanniques, suspendu depuis début février, après qu'elle en a acquis 200 milliards de livres.Enfin, on se demande quelle mouche a piqué le FMI qui s'est transformé en pompier pyromane au moment où les marchés étaient au comble de la fébrilité. L'organisation a lancé un avertissement sans frais en fin d'après-midi vendredi estimant que les risques budgétaires s'étaient accrus dans les pays du G20 et que les dettes publiques pourraient peser sur la croissance pendant des années.

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