L'éditorial de Pierre-Angel Gay

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Ce que les études nous disent, le business le prouve. Le poids des pays émergents est en passe de dépasser celui du monde développé, affirmait mercredi une étude de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, baptisée « Le basculement de la richesse ». Les constructeurs automobiles chinois en donnent une preuve. Selon leurs statistiques, leurs exportations ont doublé en mai. Les chiffres sont encore modestes, 47.100 unités, dont moins de la moitié de voitures particulières. Et leurs ventes restent centrées sur le Sud-Est asiatique, le Proche-Orient, l'Afrique, la Russie... Mais le demi-million de véhicules chinois qui devrait être exporté cette année viendra en partie concurrencer la stratégie « low-cost » des grands constructeurs occidentaux, celle de Renault avec sa filiale Dacia par exemple. C'est d'autant plus vrai que les fabricants automobiles chinois ont déjà montré qu'ils comptaient ne pas s'en tenir là. SAIC, le constructeur de Shanghai, a ressuscité sous licence de vieux modèles du britannique Rover, sous une marque à l'appellation transparente, Roewe. Son concurrent BAIC fabrique des voitures dérivées des Saab 9-3 et 9-5 en Chine et pourrait prendre une participation dans le groupe suédois. Enfin, Geely, un petit fabricant de l'empire du Milieu, a repris l'une des marques les plus connues au monde, Volvo. Exportations « low-cost » d'un côté, acquisition d'un savoir-faire haut de gamme de l'autre, l'industrie automobile chinoise a commencé son travail de sape. Elle grignote déjà les marchés périphériques, fiefs jusqu'ici des constructeurs occidentaux, japonais et coréens... pagay@latribune.f

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