L'Europe, grande absente du scrutin en Suède

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En Suède, les électeurs vont devoir choisir dimanche entre la coalition de centre-droit Allians du Premier ministre Fredrik Reinfeldt (voir ci-dessous), au pouvoir depuis 2006, et les sociaux-démocrates de Mona Sahlin, alliés aux Verts et aux ex-communistes du Parti de gauche. L'opposition frontale entre les deux blocs politiques donne au scrutin un air de présidentielle. Dominée par le débat sur l'emploi, la campagne a permis au gouvernement de prendre l'avantage sur ses adversaires. Selon un dernier sondage, Allians recueille 47,9 % des intentions de vote contre 45,8 % pour les sociaux-démocrates. À moins d'une surprise, l'issue du scrutin porte davantage sur l'obtention ou non de la majorité absolue pour le parti de Fredrik Reinfeldt. Ce dernier n'a pas assisté au sommet européen de jeudi pour mener campagne jusqu'au dernier instant. L'Europe aura d'ailleurs été la grande absente du débat, l'international se résumant à la participation du pays à la guerre en Afghanistan.L'UE, trop « bureaucratique »Traditionnellement eurosceptiques, les Suédois ne portent que peu d'intérêt à l'UE, jugée trop « bureaucratique ». En 2003, ils avaient rejeté lors d'un référendum l'adoption de la monnaie unique. Et aucune nouvelle consultation n'est à l'ordre du jour. Car pour le gouvernement, favorable à l'euro, la couronne suédoise a quelques avantages. Les grandes entreprises exportatrices locales ont en effet largement bénéficié de sa faiblesse face à l'euro, qui leur a conféré un avantage compétitif à l'exportation.Carl Bildt, ministre des Affaires étrangères, manifeste davantage d'intérêt pour les Balkans et l'Europe de l'Est, au détriment de l'Asie et l'Afrique, indiquant quelle est la nouvelle priorité suédoise en matière de politique étrangère : l'élargissement de l'Union, notamment à la Turquie, source de frictions avec Paris en 2009. En 2004, la Suède s'était faite l'ardent avocat de l'entrée dans le club européen des pays de l'Europe de l'Est.Une position qui traduit les intérêts économiques du royaume, dont les principaux partenaires commerciaux, exception faite de la Norvège, sont les pays riverains de la Baltique, Allemagne en tête. La Suède entend dorénavant pousser l'intégration économique de cette région de l'Europe, ses banques disposant déjà d'une forte implantation dans les pays Baltes. Retour de l'histoire, cette région ayant été au XVIIe siècle son « pré-carré », quant la Suède avait rang de puissance dominante.

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