Après le recul sur la redevance télé, le dilemme budgétaire de France Télévisions reste entier

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L\'espoir aura été de courte durée. Jean-Marc Ayrault, jugeant certainement qu\'il ne fallait pas en rajouter à l\'impopularité en matière fiscale, a sifflé la fin de la récréation mardi matin sur Europe 1 en annonçant qu\'il n\'y aurait pas d\'extension de la redevance audiovisuelles sur les résidences secondaires. France Télévisions devra donc s\'en tenir à ce qui est prévu actuellement dans le projet de loi de finances 2013, à savoir une augmentation de la redevance de 4 euros en tout à 129 euros, 2 euros étant indexé sur l\'inflation et 2 autres euros servant à compenser (légèrement) la très forte baisse de la dotation publique au groupe audiovisuel pour 2013. Cette hausse représente un surplus de seulement 50,6 millions d\'euros, que sont censés se partager tous les groupes audiovisuels (Arte, radio France...).110 millions d\'euros des résidences secondairesLa redevance sur les résidences secondaires devait rapporter 114 millions d\'euros, et France Télévisions espérait bien obtenir le maximum de cette manne. Même si elle avait été proposée par le président des affaires culturelles de l\'Assemblée nationale, Patrick Bloche, et qu\'Aurélie Filippetti ne l\'avait pas soutenu publiquement, la remise au pas de Jean-Marc Ayrault sonne comme un désaveu pour ses ministres, à la fois de la Culture et du Budget. En effet, Aurélie Filippetti avait elle-même suggéré ce dispositif dans nos colonnes en début d\'année. Et encore lundi, cette extension avait reçu le soutien du ministre du budget Jérome Cahuzac sur BFM, sûrement satisfait d\'avoir trouvé une solution qui ne pèse pas sur les finances publiques.\"Les messages sont passés\"Mardi matin, les cadres de France Télévisions espéraient encore un soutien du gouvernement. Au sein du groupe, on rappelait que Rémy Pflimlin avait rencontré plusieurs fois François Hollande qui avait compris l\'urgence de la situation. «On a l\'impression que les messages sont passés», d\'après une source proche. Pourtant, mardi après-midi, il ne semblait plus y avoir de retour possible. France Télévisions va donc effectivement «rentrer dans un plan d\'économies sans précédent dans son histoire», selon une source proche. Le groupe va devoir boucher un manque à gagner d\'environ 200 millions d\'euros, si l\'on compte la révision de l\'objectif publicitaire, qui ne serait pas atteint.Choix cornélienLe président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, qui a visiblement assuré au gouvernement qu\'il mènerait la réforme du groupe, avait laissé entendre qu\'il faudrait aller plus loin que le plan de réductions d\'effectifs en cours, qui concerne 500 postes, même s\'il avait assuré qu\'il «n\'y aurait pas de départ contraint». En effet, d\'autres solutions que le plan social existent. Le député PS Jean-Marie Beffara a précisé lors d\'une audition que «50% du budget de France Télévisions partait en prestations extérieures», et que le groupe pouvait donc jouer sur ce levier. Autrement dit, France Télévisions pourra notamment réduire les achats de programmes aux producteurs privés pour préserver ses effectifs. Un choix cornélien en perspective. En tout cas, c\'est déjà l\'option poussée par les syndicats. «On verse 240 millions d\'euros aux producteurs, sans que France Télévisions n\'ait aucun droit de propriété sur les programmes», s\'emporte Sophie Arouet, déléguée UCSA-CGT, qui a fait son choix.

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