L'instauration d'une sécurité sociale est affaire de volonté politique, selon le BIT

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Au moment où tous exhortent la Chine à exporter moins et accroître sa demande intérieure en développant son système de sécurité sociale, les deux rapports du Bureau international du travail (BIT) sont on ne peut plus opportuns. Sur quelque 279 pages (« Assurer une couverture sociale en temps de crise et au-delà ») et 158 autres (« La sécurité pour tous, un guide des défis et solution »), l'organisation de Genève fait un tour du monde des trous béants des systèmes de sécurité sociale et formules ses recommandations pour y remédier. « La crise actuelle a mis en lumière combien il était important de pouvoir compter sur un dispositif minimum de prestations de sécurité sociale pour tous », affirme le directeur général du BIT, Juan Somavia, rappelant le rôle de « stabilisateur économique et social » joué par la couverture sociale qui, en période de forte montée du chômage, évite le basculement de millions de famille dans la pauvreté et permet de soutenir la consommation. Si en moyenne 17,2 % du PIB mondial est affecté à la sécurité sociale, ce pourcentage tombe à 8,7 % en Afrique sub-saharienne, 9,7 % en Amérique latine et 12 % en Asie contre 25 % en Europe de l'Ouest.Avertissement du BITJuan Somavia plaide « en faveur de la sécurité sociale et d'un socle de protection sociale à l'échelle mondiale ». Une couverture inaccessible aux pays pauvres ? Non, répond le BIT, pour qui « l'allocation de ressources au financement des transferts sociaux est essentiellement une affaire de détermination politique ». Le rapport aurait pu rappeler le fléau de la forte évasion fiscale et de la corruption de nombre de dirigeants qui privent les pays du Sud de ressources. Selon le BIT, le coût initial d'un ensemble de transferts sociaux de base « n'a pas besoin d'être coûteux » : entre 2,2 % et 5,7 % du PIB, selon un calcul effectué pour 12 pays à bas revenus. Le rapport indique aussi que « les coûts annuels de pensions retraite et invalidité universelles de base sont estimés pour 2010 entre 0,6 % et 1,5 % du PIB dans les pays considérés ». Le BIT lance aussi un avertissement : si on réduit les dépenses de sécurité sociale pour diminuer le déficit budgétaire, ce sont les bénéficiaires et donc les niveaux de vie mais aussi la reprise économique qui seront touchés. Laurent Chemineau

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