L'Irlande rejette l'aide de l'Europe... pour l'instant

L'Irlande continue à jouer sur le fil. Malgré la très forte pression de l'Union Européenne, Dublin refusait ce mardi de faire appel au fonds de secours pour calmer les marchés obligataires. Après une journée de spéculation, Brian Cowen, le premier ministre irlandais, a fait une déclaration dans la soirée face au parlement irlandais, toute en ambiguïté. « L'Irlande n'a pas demandé d'aide extérieure », avant d'ajouter : « c'est dans notre intérêt à tous de trouver une solution crédible, efficace et réalisable, qui rassurera les marchés et restaurera la confiance et la stabilité. »Brian Cowen a ajouté légèrement à l'ouverture envers l'Europe avec cette phrase : « en travaillant avec nos partenaires de façon calme et rationnelle, nous pouvons résoudre le problème. » Il rappellait que Brian Lenihan, son ministre des Finances, est à Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe de mardi soir et de l'Ecofin de ce mercredi.Convaincre les marchésPour expliquer ne pas avoir demandé d'aide jusqu'à présent, le leader irlandais rappelle une nouvelle fois que le pays n'a pas besoin urgemment de liquidités. Le gouvernement a suffisamment dans ses caisses pour faire face aux dépenses jusqu'en juin et n'aurait donc pas un besoin immédiat de recourir aux marchés financiers, explique le Premier ministre irlandais. Le déficit public a bondi à 32 % du PIB pour 2010 suite au coût énorme du sauvetage des principales banques.Brian Cowen parie sur sa capacité à convaincre les marchés. La semaine prochaine, sans doute mardi, il présentera un plan budgétaire pour les quatre prochaines années, pour économiser 15 milliards d'euros. Mais sa déclaration n'apporte rien de nouveau et il semble avoir perdu la confiance des marchés. Cela vient d'abord du fait que Dublin a déjà présenté trois plans d'austérité en deux ans, économisant déjà 15 milliards d'euros. Mais cela n'a pas stabilisé le déficit, le sauvetage des banques coûtant sans cesse plus cher.Le deuxième problème est politique. Le gouvernement n'a plus qu'une majorité de trois voix et le vote du budget sera très difficile. « On a l'impression que plus personne ne dirige le pays », lance Eamon Gilmore, le leader du parti travailliste (opposition). Avant d'ajouter : « soyez décent et quittez votre poste. » Éric Albert, à Londres

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