La Grande-Bretagne chamboule son marché de l'électricité pour soutenir l'énergie verte

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La Grande-Bretagne se lance dans la plus grande réforme de son marché de l'électricité depuis un quart de siècle. Après avoir longtemps bénéficié d'un marché de l'électricité qui maintenait les prix à un niveau bas grâce à une forte concurrence, le pays ne peut faire aujourd'hui qu'un amer constat : ses centrales sont vieillissantes et polluantes et il est urgent de les remplacer. Le pays court le risque de manquer d'électricité. Le quart des centrales en activité fermeront d'ici à dix ans. Si la Grande-Bretagne ne veut pas éteindre les lumières, elle doit construire une vingtaine de grandes centrales d'ici à 2020. « Cela nécessite 110 milliards de livres d'investissement [129 milliards d'euros] pendant la prochaine décennie, un rythme plus de deux fois supérieures à celui des dix dernières années », souligne Chris Huhne, le ministre de l'Environnement.Quatre solutions de soutienFinancièrement, les centrales au gaz seraient les plus rentables. Mais serait incompatible avec l'objectif de passer d'une production d'électricité renouvelable de 7 % à 30 % d'ici à 2020. « Tout seul, le marché ne peut pas atteindre ces objectifs », souligne Chris Huhne, qui a présenté, ce jeudi, quatre solutions de soutien. La première consiste à instaurer une « taxe carbone » sur les centrales électriques qui utilisent des énergies fossiles, avec un niveau de taxe évalué chaque année en fonction du prix du carbone. Cette idée revient à créer un prix plancher pour le CO2, dont le niveau est actuellement trop bas pour décourager la construction de centrales polluantes. Ce serait une victoire pour EDF, qui mène un lobbying sur le sujet depuis des années, afin de pouvoir se lancer dans le financement de ses centrales EPR.Le ministre veut ensuite introduire un prix de long terme garanti pour l'électricité renouvelable. La troisième proposition vise à soutenir les économies d'énergie et la construction de centrales de « réserve », pour s'assurer que la Grande-Bretagne ne manque pas d'électricité. La quatrième est l'interdiction complète de la construction de nouvelles centrales à charbon sans limite d'émissions.Ces quatre propositions ne sont cependant qu'une première étape. Elles sont ouvertes à consultation jusqu'en mars, et seront suivies d'un livre blanc au printemps. La réforme complète doit entrer en vigueur en 2013.Éric Albert, à Londres

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