Baruch Spinoza. Pour une éthique de la liberté
La Tribune
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Surnommé « prince des philosophes » par Gilles Deleuze tandis que Nietzsche le qualifiait de « précurseur », le Néerlandais Baruch Spinoza (1632-1677) a laissé une oeuvre posthume majeure, sa fameuse... « Éthique ». Sa modernité pourrait se résumer trivialement par le titre du roman de Douglas Kennedy « À la poursuite du bonheur ». Entre faux biens et vrais maux, le philosophe est à coup sûr celui qui saura le mieux nous apprendre à naviguer dans la haute mer de nos contradictions d'aujourd'hui. Car il nous a enseigné que l'homme a tendance à voir les choses non telles qu'elles sont mais telles qu'il se les représente. Son oeuvre majeure, « l'Éthique », propose un itinéraire qui permet de passer de l'erreur (connaissance par ouï-dire et par expérience non réfléchie) à la vérité (croyance vraie, connaissance intuitive et distincte). Arrêtons de nous perdre en conjectures, meilleur moyen de faire fausse route et de laisser libre cours à nos peurs, nous dit cet ascète qui rappelle combien les hommes nuisent à leur bonheur en se déchirant pour le toujours plus (« le greed »). Tout simplement parce qu'ils confondent le subjectif avec l'objectif et laissent l'ignorance et l'imagination exacerbée prendre le pouvoir. L'idée vraie revient selon le grand homme à « un mode du penser, à savoir l'acte même de comprendre ». S. P.
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