Pétrole : danger pour la zone euro

 |   |  400  mots
Après avoir passé près de trois trimestres entre 70 et 85 dollars, le prix du baril de brent a soudain passé les 90 dollars. Avec un train de retard, le WTI prend le même chemin. « Cette hausse soudaine de fin d'année du prix du brut provient des injections de liquidités, et du regain d'intérêt des investisseurs financiers qui anticipent une forte demande dans les pays émergents », explique Frédéric Lasserre, l'analyste pétrole de SG. Car leur consommation, aujourd'hui proche de celle des pays développés, devrait la dépasser en 2011 ou 2012. « Même si les prix du pétrole dépendent de nombreux facteurs, à commencer par l'offre, côté demande, c'est de plus en plus la consommation des pays émergents qui sera déterminante pour les prix du pétrole », note Francis Perrin, directeur de la rédaction du magazine « Pétrole et Gaz arabes ». Aussi, portés par les investissements financiers et les fondamentaux, les prix du brut pourraient bien dépasser les 100 dollars le baril d'ici à six mois, comme le prévoit l'analyste de SG.Freiner la croissancePour les pays de la zone euro, qui peinent à faire repartir leur croissance, cette hausse subie des prix de l'énergie va devenir de plus en plus inconfortable et lourde à porter. D'abord parce que l'affaiblissement de l'euro liée à la crise des dettes souveraines des Pigs renchérit un peu plus la facture : en euro, le prix du pétrole aujourd'hui n'est plus qu'à 25 % de son sommet atteint en juillet 2008. Il est même à son niveau de mars 2008, lorsque la facture avait commencé à sérieusement freiner la croissance. Ensuite parce qu'avec la baisse du PIB dans les économies de la zone pendant la crise, la part consacrée au règlement de la facture énergétique s'est beaucoup alourdie. Véronique Riches-Flores, l'économiste de SG CIB qui a construit un modèle mesurant le poids relatif de la facture énergétique dans les économies, est formelle : « Jusqu'à présent, dit-elle, la hausse des prix du brut était restée sans effet sur la croissance. Mais, en 2011, en tenant compte d'un euro stable à 1,32 dollar, la possible remontée des prix du pétrole au prix moyen de 100 dollars sur l'année, alourdirait le poids de la facture pétrolière à un niveau équivalent au pic de 2008. » Comme si, en somme, le baril valait 130 dollars...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :