Realpolitik industrielle

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Pour un pays comme la France, à la fois très endetté et riche de très grandes entreprises et de sociétés d'avenir, il y a deux façons de faire de la politique industrielle. La mauvaise, illustrée par l'affaire Renault Clio à coups de rodomontades politiques, de convocations caporalistes à l'Élysée et de solutions ambiguës et tronquées. Et la bonne, avec l'action du FSI, le Fonds stratégique d'investissement, qui fête son premier anniversaire et qui a su, au fil des mois, à coup de petits « tickets », tisser sa toile et entrer au capital de sociétés vraiment importantes pour l'avenir. Lui dont on dénigrait par avance la gouvernance, justement à cause du risque de parasitage du pouvoir politique dans ses choix d'investissement, a montré qu'il n'était pas totalement aux ordres, le petit doigt sur la couture du pantalon. Sur un dossier comme Heuliez où, importance régionale oblige, intervenaient tant Jean-Pierre Raffarin à droite que Ségolène Royal à gauche, le FSI est resté prudent et a fixé des limites à son intervention financière. Il a certes parfois commis des faux pas comme sur le dossier Accor. Mais face à l'hyperactivité d'un ministre de l'Industrie plus politique que stratège ? on s'étonne que cet amateur de deux-roues n'ait pas voulu imposer à Renault la fabrication de motos à l'usine de Flins en remplacement de la Clio ?, le Fonds stratégique d'investissement a gardé son calme malgré une situation tendue, notamment sur le front de l'emploi. En choisissant de mettre un homme du privé, Gilles Michel, à la tête de ce Fonds, l'État a montré qu'il pouvait parfois faire ?uvre de réalisme dans sa politique industrielle. On aimerait qu'il soit toujours ainsi.oprovost@latribune.frOLIVIER PROVOST

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