Les révoltes s'amplifient dans les pays arabes

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L'armée qui investit la place de la Perle, à Manama, capitale du Bahrein, faisant trois morts et plus de 230 blessés ; des centaines de manifestants et contre-manifestants qui s'affrontent dans les rues libyennes, après avoir fait deux victimes ces derniers jours, et enfin, plus de 40 blessés dans une nouvelle journée de heurts entre yéménites en quête de réformes et supporters du régime Saleh, depuis trente-deux ans au pouvoir : que ce soit dans le Golfe, en Libye ou au Yemen, les mouvements de contestation populaire, qui ont émergé dans le sillage des événements en Tunisie, puis en Égypte, ne semblent pas prêts à retomber. Au contraire, ils dégénérent. Les revendications ont des points communs. Yemen, le plus pauvreAu Yemen, le pays le plus pauvre de la région, c'est le pouvoir sans partage d'un autocrate qui est remis en cause, de même qu'en Libye, tandis qu'au Bahrein, c'est la famille régnante, celle du roi Hamad bin Isa El-Khalifa, dont l'oncle est premier ministre depuis quarante ans, qui est aujourd'hui contestée.Dans ce dernier pays, une petite île voisine de l'Arabie Saoudite, la situation se double d'une dimension religieuse, pétrolière et géopolitique. De fait, alors que la famille El-Khalifa est sunnite, la majorité de la population (un total de 1,3 million d'âmes, dont la moitié d'étrangers), est chiite. Et réclame une meilleure représentation, notamment au parlement. Malgré la réforme constitutionnelle de 2002, introduisant deux chambres, la majorité shiite n'a réussi à obtenir, lors du dernier scrutin, que 17 des 40 sièges du Parlement. Le grand voisin saoudien, de même que les États-Unis, qui font mouiller des bâtiments de leur marine sur place, estime pourtant que la famille regnante actuelle est le meilleur rempart contre le chiisme militant iranien. Reste que les tensions sont dangereuses : la région compte pour 40 % de la production pétrolière mondiale et est un grand centre financier. L. J. B.

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