Le soutien à la création d'entreprises ? « Un mille-feuilles illisible » !

Et si la France pouvait faire encore mieux en matière de création d\'entreprises ? En 2012, 550.000 entreprises ont vu le jour selon l\'Insee. Autant qu\'en 2011. Un chiffre record qui s\'explique surtout par le dynamisme de l\'auto-entreprise. En effet, deux tiers environ des neo-entrepreneurs ont choisi ce régime social l\'année dernière. Cette vitalité de l\'esprit entrepreneurial que saluent à l\'unisson le gouvernement et les économistes est une chance pour l\'économie française. De ce terreau fertile devrait très probablement pousser les champions de demain. Du moins, on l\'espère. La Cour des comptes est très critiquePourtant, à la lecture du rapport de la Cour des comptes dévoilé jeudi qui a été commandé par le comité d\'évaluation et de contrôles des politiques publiques de l\'Assemblée nationale, il semble que ce montant pourrait être plus élevé encore. Les Sages de la rue Cambon regrettent en effet des aides \"foisonnantes\", faisant \"intervenir une multiplicité d\'acteurs avec des objectifs différents sans qu\'une coordination minimale soit assurée\". En clair, la Cour dénonce le \"mille-feuilles illisible\" du soutien à la cration d\'entreprises.Ainsi, que ce soient l\'Etat ou les collectivités, très peu coordonnent leurs actions de soutien à la création d\'entreprises ce qui nuirait à leur efficacité. Les acteurs étant multiples, les types d\'aides le sont également : subventions à des prêts, hébergement, accompagnement, capital-risque... sont proposés aux entrepreneurs en herbe pour un montant globale estimé à 2,7 milliards d\'euros, auxquels s\'ajoutent 150 millions distribués par les seules collectivités.La moitié des entrepreneurs utilise les aides publiques\"Seule la moitié des créateurs d\'entreprises utilisent au moins un outil de soutien public. Dans ce contexte, il existe un risque que des créateurs fassent des démarches inutiles ou ne bénéficient pas des services auxquels ils ont droit\", a déploré jeudi Didier Migaud, le premier président de l\'institution lors de la présentation de ce rapport qui pointe également la concentration des aides vers les demandeurs d\'emplois. Selon l\'Insee, six nouvelles entreprises sur dix sont lancées par un chômeur qui se créé ainsi son propre emploi. \"Les aides sont trop fortement concentrées sur les demandeurs d\'emploi. Elles n\'accordent pas une place suffisante à l\'accompagnement dans la durée de tous les entrepreneurs\", notamment au moment où ceux-ci arriveraient au point critique où une embauche est nécessaire\", précise le document. Le rapport  explique  également que la possibilité ouverte aux demandeurs d\'emploi de solder leurs allocations-chômage pour créer leur entreprise représente 80% de l\'ensemble des aides et provoque deux effets pervers: d\'abord, si créer son entreprise permet de revenir à l\'emploi, une de ces entreprises sur deux n\'a pas survécu au bout de cinq ans et son impact sur l\'emploi est donc insuffisant.Mieux vaut être chômeur...Autre grief formulé Didier Migaud, le dispositif  \"incite les créateurs de toute catégorie à passer par le statut de demandeurs d\'emploi pour bénéficier des aides\". La Cour des comptes préconise donc un meilleur ciblage des aides, sur celles \"qui peuvent bénéficier à tout type de créateur\" dont le projet d\'entreprise est viable et à fort potentiel innovant ou de création d\'emplois. \"Aucun recensement n\'est réalisé car aucun responsable identifié n\'a en charge un rôle de mise en cohérence d\'ensemble\", a-t-il poursuivi, suggérant notamment en conclusion la nomination d\'un \"responsable de niveau ministériel\" et un pilotage au niveau des régio

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