Christine Lagarde veut faire de la transparence sur les marchés une priorité

« Le renforcement de la transparence est une priorité. » Après avoir reçu ce mercredi des mains du président de Credit Suisse France, Pierre Fleuriot, ses préconisations pour une révision future de la directive marchés d'instruments financiers, Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, appelle l'Europe à se doter « d'une infrastructure européenne unique pour réunir, agréger, et diffuser une information postmarché exhaustive sur les marchés d'actions à destination du marché et des autorités de supervision ».Le rapport Fleuriot souligne en effet l'échec de la directive s'agissant de la transparence des données et de leurs coûts de collecte depuis l'ouverture à la concurrence du paysage européen au 1er novembre 2007 («?La Tribune » du 17 février). Il préconise la mise en place d'une base de donnée consolidée. Entre le maintien d'une concurrence entre diffuseurs et un point unique de concentration de l'information, Bercy a tranché, appelant aussi à une extension de cette transparence après négociation au marché obligataire.« La révision de la directive devra permettre de renforcer la régulation des  ??dark pools?? et « crossing networks » [moteurs d'appariement des ordres, Ndlr], afin de préserver un processus de formation des prix efficient en Europe », poursuit la ministre, dans un communiqué. À cet égard, Pierre Fleuriot recommande de limiter les exemptions à l'obligation d'afficher les intérêts à l'achat et à la vente (avant négociation donc) dont bénéficient ces places d'exécution considérées comme opaques. « Sans harmonisation, le risque est que la concurrence vienne à jouer au détriment de la stabilité des marchés. Cela peut arriver si les règles de fonctionnement qui s'imposent à certains acteurs sont différentes. » Le propos de la ministre ne sera pas pour déplaire aux Bourses historiques.Paris Europlace a accueilli favorablement ces premiers commentaires ministériels. « Dans un univers fragmenté, les émetteurs ont une grande difficulté à respecter leurs obligations en matière de suivi de leurs titres et à comprendre le processus de formation du prix », souligne Arnaud de Bresson, son délégué général. Selon Pierre Fleuriot, les émetteurs devraient être informés des différentes plates-formes sur lesquelles leurs titres sont traités. « Quant aux investisseurs, ils sont confrontés à des systèmes de valorisation eux-mêmes fragmentés et coûteux », poursuit Arnaud de Bresson, appelant à son tour à davantage de transparence. Christèle Frad

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