Universités  : le grand emprunt sème le trouble

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Quelle que soit l'issue du scrutin de dimanche, il faut reconnaître à Valérie Pécresse sa ténacité quant à l'application des réformes destinées à booster l'excellence de l'enseignement supérieur français. La loi LRU sur l'autonomie des universités de 2007 a été appliquée à un train d'enfer. L'opération campus est sur les rails. Concomitamment, universités et grandes écoles ont été pressées de se regrouper en pôles de recherche et d'enseignement supérieurs (Pres, prévus par la loi 2006 sur la recherche). Sans compter les pôles de compétitivité, nés en 2005, sommés eux aussi de se regrouper.Le grand emprunt a ajouté une couche à ce mille-feuille, prévoyant la sélection en 2010 de 5 à 10 campus d'excellence. La carotte : 8 milliards d'euros sous forme de dotation en capital. Le bâton : un cahier des charges très strict en matière de gouvernance. Cette dernière devra être renouvelée avec un partage des rôles clair entre communauté académique et conseil d'administation largement ouvert à des membres extérieurs, comme préconisé par le récent rapport de l'économiste Philippe Aghion. « Je croyais que la LRU avait réglé le problème de la gouvernance », s'étonne Jean-claude Colliard, le président de Paris I. inadéquationDe fait, la volonté du chef de l'état est bien, via le grand emprunt, d'aller plus loin. Reste à savoir si ce type de gouvernance est juridiquement compatible avec la LRU. Le statut de « grand établissement » adossé à une fondation semble l'outil adéquat aux yeux du gouvernement. Mais que faire des PRES, dont nombre de voix, y compris à l'élysée, soulignent l'inadéquation avec les campus d'excellence ? « Le grand emprunt peut perturber la logique des PRES qui ne sont pas toujours adaptés », convient Alain Storck, de la Conférence des grandes écoles. « On peut les transformer avec des principes simples », suggère Philippe Aghion, qui mise sur le regroupement d'écoles doctorales. Un rapport de l'inspection générale (IGAENR) dévoilé mercredi par le Snesup-FSU, qui pointe le risque de Pres « Potemkine », préconise justement de lancer une « phase 2 » des PRES dans le contexte du grand emprunt avec quatre scénarios de fusion ou d'évolution à la clef. Pour autant, cette succession de mesures depuis 2006 conduit à une confusion générale, en mélangeant les logiques d'autonomie, de territoire et de regroupement, persiste Jean-Charles Pomerol, le président de Paris VI. « Chaque nouvel effort financier est une moyen de pression supplémentaire sur les universités. Or cela est contraire à l'autonomie », souligne Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris en charge de la recherche et des universités. Clarisse Jay

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