Feu nourri de critiques pour la tablette du fabricant du BlackBerry
La Tribune
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Mike Lazaridis et Jim Balsillie, co-présidents de Research In Motion (RIM), n'ont pas dû passer un week-end des plus reposants. Le fabricant du BlackBerry débute la commercialisation de son PlayBook mardi, en Amérique du Nord. Or cette tablette tactile, censée concurrencer l'iPad d'Apple, a fait l'objet d'un feu nourri de critiques de la part de la presse américaine en fin de semaine dernière. Des critiques qui ont provoqué une chute de près de 2 % du cours de Bourse, et qui ont conduit Jim Balsillie à monter au créneau, afin de défendre les vertus du PlayBook, dans un entretien accordé à l'agence Bloomberg.Un produit « inachevé »Il est vrai que les éditorialistes américains n'y sont pas allés de main morte, évoquant un produit « inachevé ». Walt Mossberg, du « Wall Street Journal », et David Pogue, du « New York Times », déplorent l'absence - sur le PlayBook - de ce qui a fait le succès du BlackBerry : une gestion très sécurisée du courrier électronique, plébiscitée par les entreprises, et la messagerie instantanée BBM, qui fait fureur auprès des jeunes. Impossible d'accéder à ces services depuis un PlayBook, à moins de le connecter à un BlackBerry. La connexion de la tablette à un smartphone est également nécessaire pour lui permettre de fonctionner en 3G, sans quoi il faut se contenter du wi-fi pour surfer sur Internet. Mossberg et Pogue pointent aussi du doigt un nombre d'applications limité à 3.000, alors que les « applis » sont essentielles au succès des appareils mobiles. L'iPad n'en compte pas moins de 65.000. Autant de handicaps auxquels RIM compte remédier dans les prochaines versions du PlayBook, notamment grâce à son système d'exploitation QNX (du nom d'une start-up rachetée en 2009), qui permettra aux détenteurs du PlayBook d'accéder aux 200.000 applications d'Android, le système d'exploitation de Google. En attendant, mieux vaut s'abstenir d'acheter le PlayBook, conseille sans détour Walt Mossberg. Surtout que la première mouture n'est pas moins onéreuse que l'iPad, sa gamme de prix s'étalant de 499 à 699 dollars.Inquiétude des investisseursConséquence, les consommateurs risquent de demeurer insensibles aux arguments de Jim Balsillie, qui souligne la maniabilité de l'écran de 7 pouces (contre 9,7 pour l'iPad), inspiré des carnets Moleskine qu'utilisaient, entre autres, Ernest Hemingway et Pablo Picasso. Pour le cabinet Gartner, c'est tout vu, même avec des versions améliorées, RIM devrait écouler moins de 30 millions de PlayBook en 2015, contre près de 140 millions pour l'iPad. Dommage pour RIM, qui a lourdement investi en recherche et développement et en marketing pour lancer sa tablette. Des investissements si colossaux qu'ils avaient contraint le groupe à lancer, le 24 mars, une alerte sur ses résultats du premier trimestre de l'exercice 2011-2012. Cet avertissement avait provoqué un plongeon de 10 % de l'action. En l'espace d'un an, le titre a dévissé de 30 %, alors que le cours d'Apple, lui, a bondi de 36 %. Les investisseurs s'inquiètent de l'affaiblissement de RIM sur le marché mondial des smartphones, avec une part de marché ramenée à 14 % au quatrième trimestre 2010, contre 20 % un an auparavant, selon le cabinet Canalys, sous l'effet de la concurrence d'Android, dont le poids a plus que triplé, à 33 %.
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