Investissements stables, recul d'audience : la fiction française à la peine
La Tribune
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L'année 2009 ayant été exécrable pour les recettes publicitaires des chaînes de télévision, 2010 a donc vu leurs investissements dans la production se réduire. En effet, les obligations d'investissement sont fonction du chiffre d'affaires de l'année précédente. Dans la fiction, les investissements de TF1 sont ainsi en recul de 3,3 %, à 143 millions d'euros, et ceux de M6 chutent de 22 %, à 27 millions. Heureusement, cela a été compensé par France Télévisions, « qui a joué un rôle d'amortisseur assez spectaculaire », a expliqué vendredi Éric Garandeau, président du Centre national du cinéma (CNC), présentant ces chiffres. Le service public a ainsi investi 271 millions d'euros (+ 9,5 %). Côté formats, le retournement opéré en 2008 s'amplifie. Les chaînes produisent de moins en moins de 26 minutes (? 6 % en volume) et de 52 minutes (? 11 %). Mais elles reviennent au format long de 90 minutes (+ 15 %). Explication : les fictions peuvent désormais être coupées deux fois par de la publicité, ce qui a rendu attractifs les formats longs, et fait perdre de leur intérêt aux formats courts, autrefois prisés car ils permettaient d'insérer un écran publicitaire entre deux épisodes... Succès des séries américainesParallèlement, l'audience de la fiction française a continué à reculer en 2010, sauf sur TF1, où elle a légèrement progressé. Mis à part la Trois, les téléfilms hexagonaux continuent de réaliser une part d'audience inférieure à la fiction étrangère, accusant un retard de 3 points d'audience sur la Une ; 4,7 points sur la Deux et 4,1 points sur la Six. La fiction française est aussi moins présente : la Une, la Deux et la Trois en diffusent 7 soirs par mois, et M6 1,5 soir seulement. En face, les séries américaines sont omniprésentes : 10 soirs par mois sur M6, 8 sur TF1, 5 sur France 2, mais jamais sur France 3. Pour Éric Garandeau, « la fiction française peine à retrouver son souffle. Mais il n'y a pas de fatalité à ce que les Français consomment des séries américaines. Chez nos voisins, la fiction nationale est plus regardée, produite en volumes plus importants, et s'exporte mieux ».Le nouveau patron du CNC a apporté un timide soutien au projet de chaîne gratuite de Canal Plus : « les chaînes bonus doivent être attribuées aux meilleurs projets pour la création. Les tendances malthusiennes n'ont jamais été bonnes. » Enfin, il souhaite que les fournisseurs d'accès Internet maintiennent leur contribution au budget du CNC à leur niveau actuel (180 millions d'euros en 2010), et espère « éviter que certains sortent » du système (allusion à Free). En effet, « les besoins du financement du CNC resteront en croissance ». Mais les intéressés ne l'entendent pas de cette oreille, et veulent réduire leur apport à une centaine de millions. Jamal He
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