Mobile : Montebourg s'insurge contre "la concurrence sans limite", et oublie le pouvoir d'achat

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Et revoilà le régulateur des télécoms dans l\'œil du cyclone. Après avoir échappé au commissaire du gouvernement que voulait lui imposer Eric Besson, le précédent ministre de l\'Industrie, l\'Arcep est menacée d\'être mise au pas par Arnaud Montebourg, le nouveau ministre du Redressement productif. Dans une interview au site Challenges.fr, le chantre de la « démondialisation », qui a demandé aux opérateurs télécoms une « relocalisation » de leurs centres d\'appels en France s\'en prend violemment à l\'Autorité de régulation des communications électroniques et postales. « Il faut remettre de l\'ordre dans les télécoms. Et en particulier, s\'interroger sur le rôle de l\'Arcep » déclare-t-il. Interrogé sur ce qu\'il reproche au régulateur, il répond que l\'autorité administrative indépendante « fait des choix politiques en lieu et place du politique. »Xavier Niel et Free Mobile étaient bons pour le pouvoir d\'achat Reprenant le discours des opérateurs télécoms qui reprochent à l\'Arcep d\'avoir tout fait pour favoriser l\'arrivée de Free dans le mobile au détriment de l\'emploi du secteur, il affirme que « l\'Arcep s\'intéresse exclusivement à la concurrence sans limite », semblant oublier aussi l\'intérêt des consommateurs. Or au lancement de Free Mobile, le 10 janvier, Arnaud Montebourg s\'était réjoui sur son compte Twitter en jugeant que « Xavier Niel vient de faire avec son forfait illimité plus pour le pouvoir d\'achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans. » Inquiet des pertes d\'emploi dans le secteur, estimant que « l\'hémorragie a commencé, notamment dans les réseaux de boutiques de téléphonie », le ministre s\'emporte : « que je sache, le secteur des télécommunications n\'est pas mondialisé. Il utilise en outre le domaine public hertzien ! Comment donc avons-nous trouvé le génie de mener la concurrence du marché à un tel point qu\'il s\'autodétruit ? » Arnaud Montebourg, qui rappelle que c\'est Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l\'Economie numérique, qui est en charge des télécoms, n\'indique toutefois rien de précis sur le sort de l\'Arcep : « pour le gouvernement, la concurrence doit trouver sa limite dans la préservation de l\'emploi. Pour ce qui est l\'Arcep, il est encore trop tôt pour se prononcer, mais le gouvernement prendra ses responsabilités. »La 4e licence, une décision politique et non réglementaire Le dirigeant d\'un opérateur confie en privé que « l\'attribution de la 4e licence a été une mauvaise décision politique. » Car ce n\'est l\'Arcep, même si le régulateur a joué un rôle moteur, mais l\'Etat qui a décidé d\'autoriser un quatrième opérateur mobile en janvier 2009. L\'ex-Premier ministre François Fillon en particulier a pesé pour convaincre l\'Elysée et annoncé lui-même le lancement du processus de ventes de fréquences dont une partie était « réservée à un nouvel entrant. » C\'est le gouvernement qui a fixé le prix de la redevance du 4e entrant (240 millions d\'euros), après consultation de la Commission des participations et transferts. Jean-Ludovic Silicani, le président de l\'Arcep, qui avait d\'abord estimé que « le secteur des télécoms risque de perdre environ 5.000 à 10.000 emplois en un ou deux ans », citant des analystes, se montre désormais plus optimiste : il considère que les opérateurs n\'auront « pas besoin de réduire d\'autres coûts, dont ceux liés à l\'emploi » pour absorber « la baisse des marges éventuelle » sous l\'impact de Free en raison de la diminution prévue des investissements après les records historiques atteints avec l\'achat des fréquences 4G. Selon le syndicat CFDT, SFR prépare un plan social qui pourrait conduire à plus de 500 suppressions d\'emplois.  

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