François Fillon veut tailler

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Je pense que, dans cette période, nos concitoyens seront particulièrement sensibles à une telle démarche. » C'est ainsi que François Fillon conclut la lettre qu'il vient d'envoyer à ses ministres pour leur demander de ne plus cumuler leur traitement de ministre et leur retraite de parlementaire. Ce qui permettait à une demi-douzaine d'entre eux d'atteindre 20.000 euros nets par mois. En bons soldats ? avaient-ils le choix ? ? Michèle Alliot-Marie, Patrick Devedjian, Henri de Raincourt, Jean-Marie Bockel et Michel Mercier se sont empressés de faire savoir qu'ils renonçaient à leur retraite d'élus du peuple. De leur côté, les présidents des assemblées, Bernard Accoyer et Gérard Larcher, ont annoncé la révision des avantages des parlementaires pour leur retraite, en particulier la règle de la « double cotisation » qui leur permet de toucher une pension pleine au bout de 22,5 ans. L'Assemblée a mis en place, mercredi, un groupe de travail « interpartis » afin d'adopter une réforme à l'automne. 12.000 euros de cigaresAlors que les Français sont appelés à faire des efforts pour réduire les déficits et sauver leur système de retraites, ministres comme parlementaires sont montrés du doigt pour les avantages que leur procure leur statut. A chaque jour ou presque son ministre mis en cause. Mercredi, « Le Canard Enchaîn頻 affirmait que Christian Blanc, le secrétaire d'Etat à la région capitale, aurait fait commander en un an par son cabinet pour 12.000 euros de cigares, mais n'en aurait remboursé que 3.500. Rama Yade, la secrétaire d'Etat au Sport, aurait, elle, séjourné lors de son déplacement pour le Mondial en Afrique du Sud dans un hôtel facturant la nuit 667 euros. Epinglée pour cumuler sa retraite de parlementaire avec un salaire de 9.500 euros mensuels pour une vague mission confiée par l'Elysée sur la mondialisation, l'ancienne ministre Christine Boutin avait dû renoncer à cette gratification. Suspecté d'occuper deux appartements de fonction, Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, s'est, lui, déclaré, mercredi dans « La Croix », prêt à voir son salaire « diminué au nom de l'effort partag頻. Pour désamorcer les polémiques, Fillon a évoqué la « suppression de certains avantages » des politiques. A l'occasion de la préparation du budget 2011, il veut en tout cas réduire de 10 % les dépenses de fonctionnement des cabinets. Il y a de la marge. Rien que l'an dernier, les dépenses de voyages inscrites au budget du Premier ministre ont atteint 2,1  millions, soit une dérive de 800.000 euros. La dotation pour le parc automobile géré par Matignon a été dépassée de 634.000 euros. L'organisation du colloque « Nouveau Monde » du secrétaire d'Etat Eric Besson, mise à la charge du Premier ministre, a coûté la bagatelle de 1,5 million contre 350.000 euros prévus...

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