Le Japon se prépare à une hausse de la TVA

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L'arithmétique est incontournable. En déclarant vouloir plafonner les émissions obligataires à 44.300 milliards de yens (481,5 milliards de dollars) dans le cadre du budget 2011-2012, le premier ministre nippon Naoto Kan a semé le trouble dans son pays. Les dépenses publiques programmées s'élèvent à 771 milliards de dollars et l'écart qui restera à financer compte tenu des recettes prévisibles s'élèverait autour de 70 milliards de dollars, a estimé Toshiki Tomita, qui a conseillé le gouvernement sur un plan fiscal à moyen terme qui doit être rendu public ce mois. Une hausse des impôts paraît donc inéluctable au moment où le gouvernement redoute que l'archipel, dont l'endettement tangente 200 % du Pib, soit gagné par le syndrome grec.Perspectives fragilesLe Parti démocrate du Japon, au pouvoir, vient justement de clairement indiquer jeudi que la TVA, actuellement de 5 %, pourrait être relevée dès 2012, les impôts sur les sociétés pouvant être préalablement réduits. Un choix qu'encourage vivement le Fonds monétaire international. L'hypothèse d'une hausse de la TVA n'est pas récente au Japon. Le dernier relèvement de cette taxe indirecte, en 1997, avait fait avorter l'amorce de reprise économique qui aurait pu abréger le marasme qu'a enduré Tokyo tout au long de la décennie 1990. Aujourd'hui l'activité se réanime dans l'archipel mais les perspectives restent fragiles en raison de l'épuisement annoncé des mesures de relance économiques partout dans le monde. La croissance économique nippone pourrait atteindre 2,5 % en 2010-2011. Agir sur la TVA ne serait pas dénuée de risque économique mais aussi politique à quelques semaines d'élections sénatoriales. Mais au début de l'année, l'agence de notation Standard & Poor's a menacé Tokyo de rabaisser sa note souveraine triple A. Le 22 juin, le gouvernement doit dévoiler sa « nouvelle stratégie nationale», une feuille de route budgétaire à moyen terme incluant le plafonnement contraignant des dépenses de l'État sur trois ans et une série d'objectifs à long terme pour rétablir un surplus du budget primaire. Laurent Chemineau

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