La concurrence s'aiguise sur le marché marocain des télécoms

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Ouvert à la concurrence depuis 2000, le marché marocain des télécoms s'apprête à devenir encore plus compétitif. Car en accueillant prochainement dans son capital France Télécome;lécom, à hauteur de 40 %, Méditel, le numéro deux du secteur, devrait avoir plus de moyens pour bousculer l'ordre établi dans le royaume. « L'arrivée du géant français stimulera sans doute la concurrence sur un marché de plus en plus considéré comme un exemple régional à suivre en raison de sa complexité et de son niveau de croissance », estime le cabinet The Oxford Business Group. Dans ce contexte, « la gestion du groupe devenait de plus en plus lourde et nécessitait un appui », ajoute Fatine Layt, président d'Oddo Corporate Finance, qui a négocié l'entrée de France Télécome;lécom au Maroc. Le solde du capital de Méditel demeure pour l'heure détenu par la Caisse de dépôt et de gestion du Maroc et le fonds familial privé marocain FinanceCom. En dix ans d'existence, Méditel s'est bien imposé comme le premier concurrent de l'opérateur historique Maroc Telecom (filiale de Vivendi), avec 10 millions de clients, soit 37 % du marché de la téléphonie mobile. Mais l'opérateur est aujourd'hui menacé par un troisième acteur, Inwi (ex-Wana), filiale à 31 % du koweïtien Zain et à 51 % du conglomérat marocain Omnium Nord Afrique. Lancée en février 2010, la marque Inwi avait déjà attiré quatre mois plus tard 1 million d'utilisateurs, portant à 4 millions le nombre de ses clients. L'opérateur attribue ce succès à son offre de facturation à la seconde, grâce à laquelle « toute minute entamée n'est pas due, contrairement à la norme du marché ». Avec l'appui de France Télécome;lécom, Méditel profitera par exemple de meilleures conditions d'achats pour ses équipements et ses téléphones. Une façon de préserver sa marge d'exploitation, qui s'élevait à 40 % pour 465 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009.Taux de pénétrationCette nouvelle ébullition devrait profiter au marché dans son ensemble. Aujourd'hui, 85 % de la population marocaine est déjà équipée d'un mobile mais ce taux de pénétration devrait atteindre 100 % en 2013, selon Pyramid Research. Le cabinet de conseil calcule que les services des télécoms dans le pays pèseront 5,7 milliards de dollars en 2015, et connaîtront d'ici là une croissance annuelle moyenne de 3,1 %. L'émirati Etisalat, qui vient de lancer un audit sur Zain en vue d'acheter la majorité de son capital, ne s'y est pas trompé, Inwi représentant une bonne source de croissance. La « stabilité économique et politique » de l'Afrique du Nord par rapport à l'Afrique subsaharienne explique aussi « l'attrait de ces pays pour les opérateurs étrangers », souligne Pyramid Research, remarquant par ailleurs que les proies peu risquées se font rares dans les pays émergents. « Méditel sera très probablement coté à la Bourse de Casablanca, ce qui permettrait de satisfaire la forte demande des investisseurs en actions d'entreprises marocaines », ajoute Fatine Layt. Un argument qui a convaincu le royaume de rapprocher Méditel du français, quitte à ce que les trois opérateurs du pays soient adossés à des groupes étrangers.

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