L'euro et le courroux de Zeus

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On a toujours besoin d'un Papandréou chez soi. L'euro atteint-il des niveaux d'altitude insupportables pour nos exportateurs ? Convoquons derechef Zorba le Grec, Premier ministre de la République hellène, qui va dépenser sans compter et nous plomber un peu l'affaire. La crise budgétaire de la Grèce a eu le mérite de faire chuter la monnaie unique européenne et de restaurer partiellement la compétitivité de nos entreprises. L'euro a donc quitté le plafond auquel il était collé, pour retrouver un cours plus acceptable face au dollar. Que Sarkozy décide d'un nouveau « grand emprunt », et nous gagnerons encore quelques points sur les marchés internationaux. Faites-moi de la mauvaise politique, je vous ferai de la bonne monnaie, c'est ce que semblent dire aujourd'hui les Européens, paraphrasant le baron Louis, ministre sous la Restauration, et son célèbre aphorisme. Voilà bien le paradis, vu de la jolie petite ville de Maastricht : les Grecs s'occupent de la dépense, les Français de la politique industrielle et les Allemands payent la facture. Il est vrai que cela aurait pu être pire, si l'on avait confié la politique industrielle au Grecs et, aux Français, le soin de régler la note.Tout est donc pour le mieux. Certes, la hernie budgétaire d'Athènes n'est pas près d'être résorbée, mais Angela Merkel, chancelière allemande, s'est portée caution. Quant à l'Allemagne, parangon de rigueur, elle va voir son déficit budgétaire doubler l'année prochaine, pour atteindre 6 % du PIB. Même Berlin apprend le sirtaki : c'est la licence générale. Toutefois, l'ivresse de la transgression pourrait n'être que de courte durée. Car il subsiste en Europe au moins un défenseur de l'orthodoxie, le président de la Banque centrale. C'est lui qui a toujours le dernier mot, car il décide des taux d'intérêt qui conditionnent l'activité économique. Ces dérapages multiples pourraient bien le conduire à froncer ses sourcils de Zeus, et à relever plus tôt que prévu le loyer de l'argent dans la zone euro, pour interrompre le festin budgétaire dionysiaque auquel s'abandonne l'Europe.flenglet@latribune.frfrancois Lenglet

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