La difficile modernisation du système de santé britannique

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Pendant dix ans, Tony Blair s'y était attelé. Il a tenté de réformer le service de santé britannique, le National Health Service (NHS), multipliant les changements administratifs, face à des syndicats de plus en plus hostiles. C'est désormais David Cameron qui prend la relève, s'attaquant à cette immense machine de 1,3 million d'employés. « Il se dit que seule l'armée chinoise est plus grande », plaisante Geoffrey Rivett, auteur de nombreux livres sur le NHS.Le Premier ministre britannique présente ce mercredi sa grande réforme de la santé au Parlement. Il propose que les médecins gèrent désormais directement leur budget. Les 150 organes administratifs locaux qui sont actuellement responsables de l'allocation des ressources seront remplacés par des groupements de médecins. Pour le gouvernement, ces derniers connaissent au mieux leurs besoins, et peuvent ainsi limiter les dépenses dans leurs actes quotidiens.La réaction est très vive. « C'est extrêmement risqué et potentiellement désastreux », avertissent les six syndicats de médecins et d'infirmières. Leur principal argument : les médecins ne sont pas des gestionnaires, et vont devoir sous-traiter ces services. Il s'agirait donc d'une privatisation masquée.Le NHS déchaîne systématiquement les passions en Grande-Bretagne. Créé en 1948, c'est l'une des rares institutions que Margaret Thatcher n'avait pas osé privatiser. Contrairement aux Etats-Unis, la couverture médicale est universelle outre-Manche et entièrement gratuite, le patient ne payant rien.Le résultat est une machine administrativement très lourde, qui manquait cruellement de moyens financiers jusqu'à l'accession au pouvoir de Tony Blair. Depuis, 300.000 personnes ont été embauchées, et le budget a doublé en valeur réelle, à 125 milliards d'euros. Une efficacité accrueMais ce budget, s'il n'est pas réduit contrairement aux autres, ne peut plus progresser à la même vitesse. David Cameron exige donc une efficacité accrue. Face au tollé provoqué par sa réforme, l'obtenir sera très difficile. Éric Albert, à Londre

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