Le remaniement fait son retour avec le printemps

L'UMP a repris espoir ces derniers jours, en dépit des vents contraires des sondages. Refusant de croire au « grand chelem » promis à la gauche par la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, le parti présidentiel nourrit des rêves de victoire aux élections régionales dans le Centre, en Champagne-Ardenne ou dans les Pays de la Loire. Et du coup, l'hypothèse d'un remaniement ministériel au lendemain du scrutin revient dans les conversations des responsables de la majorité.Interrogé le 25 janvier sur TF1, Nicolas Sarkozy a donné corps à la rumeur. « Quand des millions de gens votent, mon devoir c'est de les écouter », a-t-il dit, tout en estimant que « le moment » n'était « pas arriv頻 d'en tirer les conséquences pour son gouvernement. Mais, deux semaines plus tard, devant des responsables de la majorité réunis à l'Élysée, le chef de l'État aurait été plus précis, se disant disposé à « tirer les conséquences politiques d'un scrutin politique ».Sur TF1, Nicolas Sarkozy s'est montré prudent sur l'avenir de François Fillon à Matignon, soulignant travailler « depuis deux ans et demi en parfaite entente » avec le Premier ministre. Dix jours plus tard, au micro d'Europe 1, François Fillon a d'ailleurs plaidé pour « la durée » et « la sérénit頻 concernant son maintien à Matignon. Le chef du gouvernement se verrait bien caler son bail sur celui du chef de l'État à l'Élysée.Mais l'issue du scrutin des 14 et 21 mars pèsera, bien sûr, sur le destin du chef du gouvernement, monté en première ligne dans la campagne en raison de l'effacement de Nicolas Sarkozy. François Fillon fait d'ailleurs son entrée dans le club restreint des présidentiables de la droite, en cas de retrait de l'actuel chef de l'État dans deux ans.La mauvaise passe que connaît actuellement Nicolas Sarkozy, avec une cote d'impopularité record, a conduit l'Élysée à modifier la météo politique de l'après-régionales. Inutile de nier le risque d'un vote sanction les 14 et 21 mars, comme avait encore tenté de le faire le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, en se refusant à parler de remaniement début janvier.Une « retouche »Même si les ministères « régaliens » ont déjà changé de titulaires lors du remaniement de juin 2009, une lourde défaite de la droite pourrait contraindre Nicolas Sarkozy à donner de l'ampleur à sa retouche de l'équipe gouvernementale, pour la faire « respirer » avant d'entamer la dernière ligne droite du quinquennat.Certains ministres pourraient se voir récompensés par une promotion, comme Luc Chatel ou Valérie Pécresse, qui mène une bataille difficile en Île-de-France contre le socialiste Jean-Paul Huchon. Concernant les régionales, l'UMP veut surtout croire aux chances d'Hervé Novelli, qui affronte le président socialiste de la région Centre, François Bonneau.Certains des ministres candidats, comme Valérie Létard, secrétaire d'État en charge des technologies vertes, dans le Nord-Pas-de-Calais, Hubert Falco, secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, pourraient être conduits à quitter le gouvernement pour siéger comme simples conseillers d'opposition au conseil régional.Le sort de Marie-Luce Penchard, secrétaire d'État à l'Outre-Mer, semble lui aussi réglé depuis la polémique suscitée par ses propos sur la Guadeloupe (voir encadré ci-dessous).

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