L'Ukraine tarde à se mettre en ordre de bataille pour convaincre le FMI

Les espoirs des investisseurs d'une issue rapide et claire de la présidentielle se sont évanouis mercredi, lorsque la Cour administrative suprême a suspendu le résultat du scrutin. Les recours de Ioulia Timochenko, qui occupe toujours le poste de Premier ministre, sont limités, mais elle reste déterminée à rendre la vie impossible à Viktor Ianoukovitch. Jeudi, elle a accusé le vainqueur de tenter d'« usurper le pouvoir » : l'examen de son recours doit commencer ce vendredi matin, mais en tout état de cause, Viktor Ianoukovitch prêtera serment le 25 février comme prévu. Il travaille dès à présent à se constituer une majorité parlementaire, nécessaire pour former un nouveau gouvernement. Une tâche qui pourrait prendre plusieurs semaines, alors que les investisseurs craignent qu'un échec conduise à la convocation d'élections législatives anticipées.deux tâches urgentesLe nouvel homme fort de l'Ukraine a donc deux tâches urgentes. D'une part, il devra donner au pays la stabilité politique qui lui a cruellement fait défaut depuis la Révolution orange de décembre 2004. D'autre part, il devra aussi revenir dans les petits papiers du FMI pour obtenir le versement de la 3e et dernière tranche du prêt de 16,4 milliards de dollars indispensable pour soutenir un budget vacillant sous les dépenses. Le FMI a suspendu ses paiements après que les deux candidats de la majorité sortante ont annoncé en pleine campagne électorale des dépenses budgétaires supplémentaires fortement démagogiques.Le FMI ne sera pas la seule source d'influence sur l'Ukraine, du moins si l'on en croit le président sortant, Viktor Iouchtchenko, battu à plate couture avec un score de 5 % au 1er tour. Il a tenté de savonner la planche à son heureux rival mardi en déclarant que « la victoire de Ianoukovitch est un projet du Kremlin ». Selon le président sortant, les promesses faites mardi par Viktor Ianoukovitch d'accorder à Moscou une part dans le réseau de gazoducs ukrainien ainsi que l'extension après 2017 du bail accordé à la base navale militaire russe de Sébastopol relèvent d'une « politique consistant à se laisser coloniser ».Le pays a connu sa pire récession en quinze ans avec une contraction de 15 % en 2009, due à l'écroulement des exportations de métaux. La forte dépendance du pays envers l'industrie sidérurgique continue de déterminer le sort de l'économie ukrainienne, alors qu'aucun gouvernement n'a jamais entrepris de réforme structurelle. L'Ukraine vit accrochée aux cours des métaux, tout comme la Russie vit aux crochets du pétrole.Emmanuel Grynszpan, à MoscouIoulia Timochenko, qui occupe toujours le poste de Premier ministre, a accusé jeudi Ianoukovitch de tenter d'« usurper le pouvoir ».

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