L'or, un actif monétaire convoité

A ceux qui prétendent que la « relique barbare » serait démonétisée depuis les accords de la Jamaïque de 1976, cinq ans après la rupture de la convertibilité du dollar en or, le World Gold Council (WGC) apporte un cinglant démenti. Au vu des dernières statistiques fournies jeudi par le Conseil représentatif des entreprises extractrices d'or, l'encaisse de métal jaune des banques centrales a augmenté l'an dernier à son rythme le plus élevé depuis ... 1964, à l'époque où l'étalon de change-or, né des accords de Bretton Woods, connaissait ses heures de gloire. Les avoirs en or se sont gonflés en 2009 de 425,4 de tonnes, d'une valeur de 13,3 milliards de dollars au cours moyen de l'an dernier. C'est un total de 30.116,9 tonnes de métal précieux qui sommeille dans leurs coffres-forts, près du quart de l'or jamais extrait dans le monde. Un total qui a augmenté pour la première fois depuis 1988, notamment à la faveur des importants achats effectués par l'Inde, qui a acquis les 200 tonnes d'or mis en vente par le FMI, la Russie et la Chine. La République Populaire, en admettant pour la première fois avoir accru son encaisse métallique de 454 tonnes sur six ans en avril dernières, a vu ses réserves passer de 600 tonnes à 1054 tonnes, se propulsant au rang de sixième détenteur mondial d'or. C'est l'histoire d'une résurrection, qui va de pair avec les agitations monétaires des deux dernières années et la flambée des cours du métal précieux qu'elle a induite. Car l'or a connu l'an dernier sa plus spectaculaire montée depuis neuf décennies, gagnant 24 % de sa valeur, pour culminer à un record absolu de 1.229 dollars l'once en séance sur le Comex le 3 décembre dernier. L'or a, sans que l'on s'en aperçoive, conquis l'an dernier le rôle de deuxième actif de réserve international, supplantant l'euro et talonnant le dollar, l'année même où les grands pays émergents ont lancé leur campagne en vue de détrôner le billet vert de son statut de monnaie de référence internationale. Il semble bien loin le temps où la planète finance avait sonné le branle-bas de combat après l'annonce par la Grande-Bretagne de la cession de la moitié de son stock d'or. Quinze banques centrales européennes avaient alors signé l'accord de Washington, en septembre 1999, limitant à 2.000 tonnes sur cinq ans leurs ventes cumulées d'or. Renouvelé deux fois, dont la dernière en 2009, l'accord devient caduc. Car, selon le WGC, les banques centrales devraient à nouveau accroitre leurs achats d'or en 2010, afin de diversifier leurs réserves, lui restaurant son statut d'actif monétaire à part entière. n

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