Jouer les marchés émergents, une idée pas si saugrenue !

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Pas confiance dans la capacité de rebond des marchés financiers européens? L\'avenir incertain de la zone euro est-il un sérieux handicap pour les sociétés du Vieux Continent? La récession qui sévit sur la région menace-t-elle l\'avenir de toutes ses entreprises? Face à ces questions sans véritable réponse aujourd\'hui, il existe un autre moyen d\'aller capter des rendements intéressants pour ses placements. Focaliser son attention sur les pays émergents en fait notamment partie. D\'autant qu\'il est faux de croire que miser sur cette large zone géographique est une galère sans nom et coûteuse. Car pour jouer la croissance de ces pays, on a un large choix. Tant dans les outils disponibles que dans la stratégie d\'investissement.On peut aussi s\'intéresser aux produits obligatairesLes outils d\'abord. Compte tenu de l\'essor économique des pays dits émergents (la Chine et la Russie relèvent notamment de cette terminologie, mais sont-ils toujours vraiment émergents?), les établissements financiers ont développé de nombreux vecteurs, de manière à permettre un investissement plus rigoureux et moins coûteux que l\'achat et la vente en direct d\'actions sur des marchés pas toujours très transparents. Ainsi, il existe une très large palette de Sicav et FCP dédiés soit globalement à cette zone, soit plus spécifiquement à certains pays (Inde, Asie hors Japon, Chine, etc.).Toujours via les OPCVM, on peut également s\'intéresser aux produits obligataires, pour ainsi jouer l\'engouement des investisseurs pour la dette des pays émergents mais aussi celle des entreprises (y compris en devises locales, ce que recommandent d\'ailleurs beaucoup de spécialistes). Avec ici l\'assurance d\'investir sur des produits plus sécurisés que les actions, même si les obligations d\'État ne sont pas totalement dénuées de risque. Pour ceux qui ont des convictions fortes sur l\'avenir de certains pays, il existe également des ETF (fonds indiciels aussi liquides que des actions et peu chargés en frais) répliquant les indices de ces zones.Sélectionner le bon binôme pays-secteurCôté stratégie d\'investissement, il n\'est pas obligatoire d\'aller jouer en direct les marchés émergents. Il peut être tout aussi judicieux d\'aller chercher les entreprises nationales ou européennes les plus exposées sur ces zones et réalisant l\'essentiel de leur chiffre d\'affaires avec les émergents. Avec l\'avantage, dans ce cas, de pouvoir intégrer ces investissements dans un PEA qui exonère les plus-values au-delà de cinq ans de détention. Soit une aubaine dans le paysage fiscal actuel. Certains ETF construits à partir de contrats swaps (dérivés) peuvent aussi permettre d\'incorporer un indice exotique dans son PEA. Pour cela, il faut en parler précisément avec son intermédiaire.Reste à savoir quelle zone émergente est la plus pertinente en ce moment, sachant que les performances boursières des actions ou des obligations de ces pays ne sont pas forcément étroitement corrélées avec le rythme de croissance. « D\'après notre équipe, certaines des opportunités les plus intéressantes dans l\'univers des petites entreprises dynamiques, mais délaissées par les investisseurs, se situent actuellement en Chine, en Asie du Sud-Est, notamment au Vietnam, et au Brésil. D\'une façon générale, les secteurs de la consommation, de la santé, de l\'industrie et des infrastructures légères offrent à l\'heure actuelle des opportunités particulièrement attractives. Le Brésil privilégie nettement la construction de routes et de liaisons de transports, tandis que l\'Inde met l\'accent sur les secteurs de la santé et de la pharmacie. Dans le même temps, en Indonésie, le nombre de consommateurs s\'accroît rapidement », souligne Mark Mobius, le grand spécialiste des pays émergents au sein de la société de gestion Franklin Templeton.« Le marché boursier indien a été relativement volatil ces derniers mois. Le pays a besoin de clarifier de toute urgence son système de droits de propriété et sa fiscalité. Des litiges trop nombreux ont miné la confiance des investisseurs. Pour que l\'Inde devienne plus prospère, il faut accroître l\'emploi, la productivité et l\'innovation. La tâche est rude, mais de nombreuses raisons nous poussent à être optimistes. Le gouvernement a initié des mesures pour stimuler la croissance via des politiques plus efficaces. Le ministre indien des Finances a récemment armé sa volonté d\'endiguer le déficit courant tout en augmentant parallèlement les dépenses des programmes de protection sociale. L\'une des autres priorités claires est de favo-riser l\'investissement étranger », arme de son côté Chetan Sehgal, chef des investissements et directeur général Inde chez Franklin Templeton.Chez Amundi Asset Management, les gérants privilégient clairement le thème des pays émer-gents, en raison notamment des données fondamentales toujours très porteuses. En particulier au regard des anticipations de croissance, largement supérieures à celles de l\'Europe ou des États-Unis. Selon les estimations de cette filiale du Crédit agricole, les pays émergents devraient globalement afficher un PIB en hausse de 5,7% en 2013, celle de l\'Asie (hors Japon) devant atteindre 6,7% et celle de la Chine 8%. Aux États-Unis, cette croissance ne devrait pas dépasser 2,3%. C\'est mieux toutefois qu\'en Europe, où le PIB pourrait s\'inscrire en recul de 0,2% confirmant l\'évolution globalement déflationniste de la zone.Côté action, une préférence pour le Brésil« Miser sur les pays émergents est donc intéressant et ne relève absolument pas d\'un effet de mode. Les chiffres sont là pour en témoigner. Même si cette zone a récemment connu une période de turbulences, elle est à la tête d\'un formidable gisement d\'opportunités, et ce sur le long terme. Côté actions, je suis plus particulièrement favorable à celles du Brésil, qui profite d\'un environnement positif, même si l\'inflation demeure élevée. Côté obligations, je préfère celles à haut rendement en dollars, mais aussi celles de la Russie, de la Turquie, de la Roumanie et de l\'Afrique du Sud en monnaie locale », affirme Marie-Aude Laurent, gérante de portefeuille chez Amundi qui vient justement de créer un fonds diversifié sur les marchés émergents.L\'intérêt, il est vrai, du thème des pays émergents réside dans leur diversité, leur absence quasi totale de synchronisation des cycles économiques et la disparité des supports d\'investissement. C\'est là aussi d\'ailleurs que résident les risques. 

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