Tokyo fait pression sur Bruxelles pour une plus grande ouverture commerciale

 |  | 426 mots
Lecture 2 min.
Rien ne sortira du sommet Union européenne- Japon » : c'est le pronostic désabusé d'un haut fonctionnaire européen qui coorganise la rencontre à Tokyo entre le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama et le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, le 28 avril. Le sommet est précédé de la « table ronde » entre acteurs privés européens et japonais aujourd'hui et demain, qui doit accoucher de recommandations préparatoires ; ce second rituel, plus ennuyeux chaque année, a commencé en 1995. En 2009, plusieurs participants se prononçaient pour sa dissolution. Le nouveau président côté Europe, Jean-Yves Le Gall (Arianespace), « n'y porte à peu près aucun intérêt », jugent plusieurs participants européens. De bonnes volontés japonaises et européennes plaident depuis des années pour un accord de libre-échange, d'intégration économique ou de partenariat entre les deux puissances. Le Japon souhaite en particulier que tombent les droits de douane européens sur l'automobile (10%) et sur l'électronique (15%) qui frappent ses produits. Le ministère de l'Industrie METI est très actif, piqué au vif par l'exemple sud-coréen : Séoul et Bruxelles ont signé en octobre un très ambitieux accord de libre-échange, qui offre aux concurrents sud-coréens un avantage commercial sur les Japonais en Europe. Influence écrasanteAu niveau économique, la fédération patronale Business Europe, où l'automobile jouit d'une influence écrasante, est vent debout contre une telle éventualité. Dans un document de travail interne destiné à préparer le sommet du 28 avril, que s'est procuré la Tribune, elle écrit : « Le lancement de discussions sur la faisabilité d'un accord à portée obligatoire portant sur le commerce et l'investissement (...) est considéré comme inapproprié par Business Europe ».Sur le plan politique, la diplomatie européenne rétorque que de son côté le Japon ne manifeste guère le désir de supprimer ses barrières non tarifaires qui gênent l'entrée des biens étrangers sur son marché : lourde procédure d'homologation pour des médicaments déjà autorisés partout ailleurs, interdiction du boeuf européen sous prétexte de danger de vache folle ... « Qu'ils achètent des Airbus ! Qu'ils ouvrent leurs marchés publics ! Qu'ils achètent notre ferroviaire, alors qu'Hitachi vient de remporter un gigantesque contrat au Royaume-Uni, et après on parlera de libre-échange et d'intégration » , s'impatiente un diplomate européen agacé. Signe d'espoir : Mercredi dernier, rencontrant Nicolas Sarkozy au sommet nucléaire de Washington, Yukio Hatoyama a promis d'assouplir les barrières non tarifaires qui protègent le Japon.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :