Les libéraux britanniques ravivent le suspense

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Une partie de la Grande-Bretagne s'est découvert un nouvel homme politique, jeudi soir. Nick Clegg, leader des libéraux-démocrates, a clairement remporté le premier débat télévisé électoral de l'histoire du pays. Alors que, la veille, un tiers des Britanniques ne reconnaissaient pas sa photo, il s'est imposé devant près de 10 millions de téléspectateurs, plus à l'aise que ses deux opposants.Le résultat dans les sondages ce week-end est spectaculaire. Selon les cas, les libéraux-démocrates obtiennent entre 27 % et 32 % des voix, soit une dizaine de points de plus qu'avant le débat. Cela les met dans le meilleur des cas en première place, ou en deuxième devant les travaillistes. Dans tous les cas, les trois principaux partis se retrouvent dans un mouchoir de poche.Le système électoral (scrutin majoritaire à un tour), qui privilégie les partis disposant de forts bastions régionaux (surtout les travaillistes), signifie que les libéraux-démocrates n'ont quasiment aucune chance de devenir le principal parti. En sièges, les derniers sondages donneraient les travaillistes en tête (autour de 280 sièges), suivis des conservateurs (240) et des libéraux-démocrates (100). Un tel scénario, sans majorité absolue pour aucun des grands partis, renforcerait cependant Nick Clegg dans son rôle de faiseur de roi. Agé de tout juste 43 ans, il a pris la tête des libéraux-démocrates (parti centriste) voilà plus de deux ans. Il a longtemps souffert d'un manque de reconnaissance du grand public. Mais entre David Cameron et Gordon Brown, leaders des conservateurs et des travaillistes, il avait lors du débat télévisé le plus beau rôle : renvoyer dos à dos ses opposants, qu'il appelle « ces deux-là ». Dans une Grande-Bretagne profondément déçue par ses hommes politiques, échaudée par le scandale des notes de frais, il a pu jouer le rôle de l'outsider. sous les feux de la rampeNick Clegg a cependant fait le plus facile. Maintenant qu'il se retrouve sous les feux de la rampe, il va devoir s'expliquer sur son programme, aux relents populistes. Il propose notamment de limiter le montant des bonus des banquiers payés en liquide à... 2.700 euros. Il veut aussi supprimer le renouvellement du Trident, le système de sous-marins portant l'arsenal nucléaire britannique (il veut le prolonger et repousser la décision d'un renouvellement à plus tard). Le côté pro-européen de Nick Clegg peut aussi dissuader quelques électeurs britanniques : sa mère est néerlandaise, sa femme espagnole, et il parle couramment français et allemand. Il a été député européen jusqu'en 2004.Pour autant, le souffle frais apporté par Nick Clegg dans la campagne pourrait être bien perçu par l'électorat. Et l'une de ses cartes maîtresses est Vince Cable, son chancelier « fantôme  », l'un des seuls à avoir averti des risques d'une crise avant l'explosion de la bulle financière. En cas de coalition, celui-ci pourrait devenir chancelier. Il faudra désormais compter avec les libéraux-démocrates pour les trois dernières semaines de la campagne.

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