"Le financement à long terme des entreprises par le marché n'est plus assuré"

\"Il ne faut pas se voiler la face, la place de Paris traverse une période morose\", estime le président de l\'Autorité des marchés financiers (AMF), Gérard Rameix dans un entretien publié par le quotidien Le Monde vendredi 16 novembre. Le patron du gendarme de la Bourse s\'inquiète surtout du fait que \"le financement à long terme des entreprises par les marchés n\'est plus assuré\". Selon lui, les rachats d\'actions et les versements de dividendes aux actionnaires ont représenté 50 milliards d\'euros en 2011, \"quand 1 à 2 milliards d\'euros ont été levés via les augmentations de capital et les introductions en Bourse\". Or \"pour retrouver de la croissance, les économies ont besoin de capitaux longs\", prévient-il.Une perte de confianceDevenus illisibles même pour les spécialistes, les marchés subissent une \"réelle perte de confiance\", estime Gérard Rameix. Il déplore que bon nombre d\'entreprises ne comprennent plus l\'évolution du cours de leur action. Il accuse la libéralisation du secteur en Europe a en particulier créé depuis 2007 de nouvelles plateformes boursières, qui viennent concurrencer les acteurs historiques, comme NYSE Euronext, d\'avoir renforcé l\'opacité des échanges. \"A force d\'idolâtrer la concurrence, les lieux de négociations se sont multipliés  et le système de formation des prix est devenu très opaque\", affirme-t-il. \"Nous avons pâti de la confiance aveugle trop longtemps octroyée aux forces autorégulatrices du marché\", ajoute-t-il accusant notamment l\'ancien commissaire européen au marché intérieur et aux services Charlie Mc Creevy. Deux grandes banques internationales et de grands gestionnaires d\'actifsMême s\'il reconnaît la période comme \"morose\", le président de l\'AMF estime que la place de Paris bénéficie de deux grandes forces :  \"de grands gérants d\'actifs et un bassin d\'épargne important\". Selon lui, il \"faut surmonter la défiance des épargnants, avoir une approche de protection  et donner plus de clarté aux clients lors de la vente de produits financiers\". Il se félicite par ailleurs  que la France dispose deux grandes banques internationales et de grandes sociétés cotées qui doivent selon lui \"davantage utiliser la plate-forme France\".Du côté des banques pourtant l\'optimisme n\'était pas de rigueur la veille lors des rencontres organisées justement à l\'AMF. Les patrons des deux grandes banques internationales BNP Paribas et Société Générale ont clairement exprimé  leur exaspération face à un environnement réglementaire  de plus en plus sophistiqué.  

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