Du bon usage des ex-premiers ministres

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François Fillon peut remercier ses deux prédécesseurs à Matignon, Alain Juppé et Michel Rocard. Alors que l'idée de leur nomination revient à l'Élysée, leur rapport sur le grand emprunt, en particulier sur son montant modeste, conforte au bout du compte les thèses du locataire actuel de Matignon, qui n'était pas un chaud partisan de cette solution, tout comme Bercy. Et tant pis si Juppé et Rocard désavouent Henri Guaino, le conseiller spécial du président de la République et inspirateur de l'emprunt qu'il souhaitait « grand » par son montant.Ce couac ne signifie pas pour autant que Nicolas Sarkozy renonce à l'avenir à utiliser politiquement les anciens Premiers ministres. Au printemps, il a fait de Michel Rocard un ambassadeur chargé des négociations internationales sur les pôles Arctique et Antarctique. Une manière de prolonger sa politique d'ouverture à gauche. Installé au début de l'été à la tête de la conférence d'experts chargés de réfléchir à l'instauration d'une contribution climat énergie, le même Rocard a également servi de caution politique à la mise en place de la taxe carbone. Ancien mentor de Sarkozy, Édouard Balladur a, lui, été sollicité cet hiver pour diriger la commission chargée de proposer une réforme territoriale ou siégeait un autre ancien Premier ministre, le socialiste Pierre Mauroy.Avant-dernier Premier ministre de l'ère Chirac, Jean-Pierre Raffarin est également mis à contribution, d'une manière plus discrète il est vrai. Le sénateur de la Vienne fait profiter l'Élysée de ses bonnes relations avec les autorités chinoises pour tenter d'aplanir les différents diplomatiques entre les deux pays.Nicolas Sarkozy devrait pourtant avoir plus de mal à convaincre Lionel Jospin, Laurent Fabius ou Dominique de Villepin d'accepter une prochaine mission? P. C.

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