François Fillon normalise les relations avec la Chine

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Le Premier ministre français, François Fillon, arrive à Pékin ce dimanche, accompagné d'une importante délégation ministérielle (Christine Lagarde, Frédéric Mitterrand, Éric Woerth, Dominique Bussereau) et industrielle (PDG de GDF Suez, Areva, EDF entre autres). La délégation, qui effectuera une visite de deux jours dans le pays, devrait signer ou confirmer une série de contrats d'une valeur totale d'environ 2 milliards d'euros.Diplomatiquement, cette visite clôt définitivement la période de froid entre la France et la Chine. La Chine n'avait pas apprécié la rencontre de Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama en décembre dernier, et l'avait fait savoir. Elle avait annulé un congrès Europe-Chine à Lyon et avait soigneusement évité la France lors de deux visites commerciales en Europe. En avril, au sommet du G20, Nicolas Sarkozy avait publiquement reconnu les frontières de la Chine et serré la main du président chinois, Hu Jintao. Depuis, les efforts diplomatiques se sont intensifiés. La visite à Pékin de François Fillon a été précédée ces derniers mois de celles de Xavier Bertrand, Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo et Jean-Pierre Raffarin. Pour les entreprises françaises, la rencontre est une bonne nouvelle. Le marché chinois, en pleine expansion, apparaît plus que jamais attractif. La visite est placée sous le thème du nucléaire : Areva devrait, entre autres, signer un contrat d'une centaine de milliers d'euros de matériel pour son réacteur EPR en Chine et un partenariat dans l'ingénierie. Des contrats sont aussi attendus pour GDF Suez, Veolia et EDF. Et Safran a été choisi pour équiper le premier avion chinois, le C919, en partenariat avec General Electric.moyens de pression En dépit de ce palmarès, la Chine de 2010 n'est plus celle de 2008, et il n'est pas sûr que les relations « privilégiées » dont les deux pays se targuaient auparavant reprennent vraiment. Outre l'image écornée de la France, la crise financière est passée par là. Les banques européennes se sont trouvées en difficulté alors que leurs contreparties chinoises sont sorties presque indemnes « À l'évidence dans le secteur financier, le rapport de force s'est invers頻, confie un proche des milieux financiers à Pékin. La France et l'Europe sont en position de quémandeuses, et la Chine en profite pour s'affirmer. Il suffit de voir son duel avec les États-Unis à Copenhague. « La Chine n'est jamais apparue aussi forte. En ce moment, elle n'a pas de besoins essentiels. Et la France sortie du cadre de l'Europe n'a pas vraiment de moyens de pression », estime Jean-Philippe Béja, chercheur au Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC). « Comme elle a reculé une fois, avec Nicolas Sarkozy, aux yeux des Chinois cela veut dire qu'elle reculera encore. »« La Chine a tellement évolué en deux ans », souligne Dong Qiang, professeur à l'université de Pékin, qui revient d'une visite en France. « Son poids politique et économique est bien plus important qu'avant. La France ne semble pas l'avoir compris. Elle garde une vision des relations entre les deux pays qui n'existe plus. »

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