« Les marchés émergents sont à un prix raisonnable »

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terview Richard TitheringtonComment les marchés émergents ont-ils traversé la crise ?Il faut comprendre que la crise que nous venons de vivre depuis deux ans n'est pas liée à un problème sur les marchés émergents. Ce sont l'explosion de la dette privée et publique, le financement excessif de l'immobilier aux États-Unis et une ingénierie financière débridée qui ont mené à la catastrophe sur les marchés financiers. Ces problèmes sont restés confinés aux marchés développés du G7 : ils ne concernaient pas les marchés émergents. La principale raison ? Ces pays avaient déjà connu une crise de la dette dans les années 1990. Et c'est une des raisons pour laquelle la plupart de ces pays sont très sages en matière de dette. Mais du fait de la globalisation de l'économie et de la finance, les marchés émergents ont été contaminés et affectés indirectement par la crise. Cela dit, comme ils n'étaient pas à l'origine de la crise, ils ont rebondi beaucoup plus rapidement : 2008 aura été une année de contagion, 2009 une année de vif rebond pour ces pays.Qu'en est-il aujourd'hui de leur valorisation, faut-il encore investir sur ces marchés en 2010 ?Il y a un an, les marchés émergents étaient très bon marché. Aujourd'hui si l'on se place du point de vue d'un investisseur à long terme, ils sont à un prix raisonnable. Ils représentent aujourd'hui moins de 10 % de la valorisation boursière mondiale : mais dans dix ans, ce sera plus de 25 % !Certes, mais le risque n'est-il pas trop élevé pour un particulier ?Sur les vingt dernières années, les marchés émergents ont toujours affiché de meilleures performances que celles des marchés développés. Mais effectivement avec un risque plus élevé. Sur le long terme, ces marchés prendront toujours plus d'importance. Du coup, les investisseurs particuliers ont tout intérêt à leur allouer une part plus importante de leur portefeuille, car la plupart sont sous-exposés à ces marchés. Mais ils resteront à haut risque et volatils, car ils sont relativement immatures et inefficients : les risques sont élevés en termes politiques, de gouvernance des entreprises et de réglementation financière. La volatilité est très forte car les principaux investisseurs sur ces marchés sont étrangers, donc très opportunistes. Il faut garder à l'esprit que si vous investissez aujourd'hui, votre investissement peut plonger de 20 % en peu de temps. Mais sur les cinq prochaines années, vous pouvez espérer gagner 10 % à 15 % par an, grâce essentiellement à la progression des profits des sociétés. Le marché anticipe une croissance bénéficiaire de 30 % pour 2010 et de 20 % pour 2011.Où faut-il investir ?Généralement, les particuliers confondent croissance économique et rendement de leur investissement boursier. Ils préfèrent d'habitude l'Asie à l'Amérique latine, ou l'Europe de l'Est. Mais sur les dernières décennies, l'Amérique latine ? et le Brésil dans bien des cas ? a toujours fait mieux que l'Asie sur n'importe quelle période de cinq ans. Une solution consiste donc à laisser le gérant de votre fonds sélectionner les pays où il investit, plutôt que de vous y risquer vous-même : un fonds global et diversifié est un choix judicieux pour un particulier face à la forte volatilité de ces marchés. n

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