Malgré les différends, les investissements chinois vont croître

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La doxa américaine l'a accepté : la Chine n'est plus un partenaire à qui l'on peut imposer ses valeurs. Mieux vaut composer. Et dans un pays où le chômage à plus de 9 % est le sujet de préoccupation numéro un, chaque investissement étranger, générateur d'emplois, fut-il chinois, est bon à prendre, même si le CFIUS, l'agence fédérale chargée de contrôler les investissements étrangers sur le sol américain, veille. Les milieux d'affaires outre-Atlantique savent que des sanctions commerciales à l'encontre de Pékin seraient néfastes. L'idée ? officieuse ? qui court dans les allées du Capitole est qu'une Chine prospère peut servir, aussi, les intérêts de l'Amérique. À condition, et ce sera l'objet de cette visite d'État, que cela soit à double sens. Pragmatiques, les entreprises américaines réclament un accès non restrictif au marché chinois. Quelque 200 patrons chinois accompagnent le président Hu Jintao, opérant dans des secteurs tels que l'énergie, l'environnement, l'électronique, la chimie, la pharmacie ou la banque. « Ce sont ces entreprises qui rêvent de pénétrer le marché américain », relève la Brooking Institution. Car si les investissements américains en Chine ont dépassé en 2010 les 60 milliards de dollars, les investissements chinois outre-Atlantique ne s'élèvent « que » à 4,4 milliards de dollars. Une lueur d'espoirRécemment, le fabricant chinois de pièces automobiles Tempo rachetait une usine de General Motors pour 500 millions de dollars. À la clé, 93.000 emplois et une lueur d'espoir pour l'industrie automobile du Michigan : « Cela doit être du gagnant-gagnant, soulignait alors Michael Finney en charge du développement économique de l'Etat du Michigan. Peu importe l'origine de l'investisseur, qu'il soit chinois, canadien ou européen. Ce qui compte, c'est de rebâtir notre secteur manufacturier, décimé par les difficultés économiques. »Les deux économies, inexorablement liées, sont « condamnées » à tisser des liens de plus en plus étroits. Plusieurs accords ont été conclus, et d'autres devraient suivre : Alcoa, le géant américain de l'aluminium, avec China power Investment pour un montant de 7,5 milliards de dollars, mais aussi sur l'importation de coton et de systèmes photovoltaïques notamment, au Texas, pour un montant, certes, modeste, de 574 millions de dollars, mais qui préfigure le mouvement. S. L.-D. à New York

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