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Sarah Palin, la dame de fer de l'Alaska

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Publié le 19 février 2010 à 22:19 - Mis à jour le 19 février 2010 à 22:19

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Conservateurs contre républicains : l'affrontement peut paraître paradoxal au sein du même parti, le « Grand Old Party ». Il est pourtant d'actualité. Les tensions repérées à la Conférence des comités d'action politique conservateurs (émanation du Parti républicain), qui vient de s'achever à Washington, sont des signes qui ne trompent pas. D'un côté, les républicains bon teint, conservateurs mais sans excès, qui tiennent depuis une dizaine d'années le haut du pavé. De l'autre, les supporters des Tea Parties, un mouvement plus radical, né de la crise économique, en fait surtout de la réponse qu'y a donnée l'État. Alors que la classe moyenne paie les pots cassés des excès passés, le sauvetage des banques et l'injection de milliards de dollars dans l'économie sont apparus scandaleux aux yeux de ces Américains. Leur colère semble inapaisable.Contre l'« establishment »Dans ces conditions, il n'est pas question de soutenir l'« establishment » à Washington et à Wall Street, ni de payer des impôts supplémentaires pour éponger le déficit, et encore moins de voter pour de vieux routiers du Parti républicain au prochain scrutin législatif, en novembre prochain, et lors des primaires de 2012, en vue de la présidentielle.Certains candidats issus du mouvement des Tea Parties émergent déjà pour les législatives de mi-mandat. « La menace ne vient pas toujours de la gauche organisée », a ainsi prévenu J.D. Hayworth, un ancien représentant à la Chambre, qui se présente à des primaires en Arizona contre le sénateur John McCain. Mieux, les conservateurs en colère ont déjà trouvé leur représentante pour la présidentielle. « Sarah Palin 2012 » : le slogan fait florès depuis quelques semaines sur certains sites Internet. Impossible aujourd'hui de savoir si l'ancienne colistière de John McCain, candidat républicain à la présidentielle de 2008, tentera sa chance dans la prochaine course à la Maison-Blanche.Ce qui est sûr, c'est que Sarah Palin sait surprendre et capter l'attention des médias. On ne l'attendait pas sur le ticket républicain en 2008. Elle a su captiver l'électorat, y compris à gauche, ne serait-ce qu'avec ses commentaires illustrant l'étendue de son ignorance en matière de politique étrangère. Elle aurait pu retomber dans l'oubli après la victoire d'Obama et reprendre ses fonctions de gouverneur de l'Alaska. Nouvelle surprise, elle démissionne en juillet 2009, sans que l'on sache bien pourquoi, ni si elle poursuivait une stratégie particulière. Puis elle disparaît. En fait, elle écrit un livre, qu'elle publie quelques mois plus tard. L'histoire de sa vie et, surtout, les coulisses de la campagne 2008, se vendent comme des petits pains : plus de 700.000 ouvrages la première semaine ! Bourdes et antisèchesDepuis, portée par le nouveau mouvement de colère à droite contre l'ingérence de l'État, elle ne quitte plus les plateaux de télévision, surtout ceux de la chaîne ultraconservatrice Fox News. Elle a même été la vedette de la première convention nationale du mouvement des Tea Parties, à Nashville, dans le Tennessee, à la mi-février. Si elle a eu besoin d'une antisèche, écrit dans la paume de sa main, sa stratégie, teintée de populisme, semble pourtant claire : « Je veux lutter contre l'élitisme de l'establishment », dit-elle. Et franchement critique à l'égard d'Obama : « Et le changement, qu'est-ce que vous en dites, hein ? » De plus en plus à droite, elle espère capitaliser sur la colère d'une partie de l'électorat républicain.Cela suffira-t-il à l'emporter pour une investiture ? Car Sarah Palin n'est pas à l'abri d'une bourde. Les dernières études d'opinion montrent d'ailleurs que les trois quarts des Américains ne la considèrent pas « qualifiée » pour être présidente. La moitié des républicains le pensent aussi. « Elle ne sera pas présidente ni même investie par le Parti républicain à moins que celui-ci veuille perdre au moins 44 États » dans la course à la Maison-Blanche, estimait récemment, dans le « Washington Post », l'éditorialiste conservateur George Will. Pis, elle divise. Elle a semé la zizanie dans le camp McCain. Et pourrait rebuter les supporters traditionnels du parti. Pas étonnant, dans ces conditions, que certains démocrates prient pour qu'elle se présente contre Obama...

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