Les opposants qui rêvent de 2012

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STRONG>Martine AubryMise à part la gestion hasardeuse du cas Georges Frêche en Languedoc-Roussillon, Martine Aubry a pratiquement accompli un sans-faute au cours de la campagne. Ce qui lui permet de consolider son statut de chef de l'opposition, face à un Nicolas Sarkozy contesté dans son propre camp. Et aussi d'apparaître de plus en plus comme présidentiable au PS. Mais après ce tour de piste, la maire de Lille va entamer une course de haies. À commencer par l'organisation des primaires de désignation du candidat socialiste. Ni le calendrier ni le déroulé de la compétition ne sont encore arrêtés. Le pacte de non-agression conclu entre Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius va-t-il tenir avec l'exacerbation des ambitions présidentielles ? Et comment empêcher un retour de Ségolène Royal ou contenir l'ambition confirmée de François Hollande ? Sans oublier les débats qui vont s'engager pour la conception du projet présidentiel du PS. « Avant 2012, il y a 2010 et 2011 », a coutume de répéter Martine Aubry. Elle sait que la route est longue.Ségolène RoyalPendant toute la campagne, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007 a disparu des écrans radars de la politique nationale. Elle est restée concentrée sur un objectif : obtenir le score le plus élevé possible en Poitou-Charentes. Ce n'est pas à ses yeux la condition nécessaire de son retour parmi les présidentiables socialistes mais cela peut aider à reprendre pied avec plus de force. Car Ségolène Royal a perdu du terrain depuis la rentrée politique de septembre 2009, et elle est isolée au sein du Parti socialiste, après la défection très médiatisée de ses principaux soutiens, comme Vincent Peillon. Mais la présidente sortante de Poitou-Charentes garde un socle de popularité dans les enquêtes d'opinion et une vraie puissance de feu médiatique. Elle brandit de plus la menace d'une candidature dissidente pour peser sur l'organisation des primaires au PS. François HollandeL'ex-premier secrétaire du PS a mené une campagne régionale de premier secrétaire, avec presque autant de meetings à son agenda que Martine Aubry. Le député de Corrèze, qui veut bousculer l'ordre naissant autour de la maire de Lille, entend abattre toutes ses cartes pour s'imposer comme recours à gauche pour la présidentielle de 2012. Avec un positionnement réformiste et sérieux et des propositions déjà dévoilées sur la fiscalité et la production industrielle, et annoncées sur la santé ou l'éducation. Le tout salué par une progression dans les sondages. Rue de Solferino, on affiche une attitude très zen, estimant que « la fenêtre est en train de se refermer » pour François Hollande. À droite en revanche, on estime que Martine Aubry a tort de sous-estimer cet adversaire, qui a déjà entamé des rapprochements avec l'écologiste Daniel Cohn-Bendit. Cécile DuflotDaniel Cohn-Bendit affirmant que la présidentielle de 2012 l'intéresse moins que la présidence du Parlement européen la même année, Cécile Duflot apparaît la mieux placée pour représenter les couleurs des écologistes à la présidentielle et faire mieux que les 1,57 % de Dominique Voynet en 2007. Durant la campagne des régionales, la jeune secrétaire nationale des Verts a en effet démontré qu'elle savait bien utiliser les médias et faire travailler les écologistes ensemble, ce qui n'était pas gagné d'avance. Jean-Luc MélenchonL'ancien trublion du PS qui a été à l'origine de la création du Front de gauche l'an dernier a réussi son pari : en faire la première force de la gauche de la gauche (avec plus de 6 %) devant le NPA d'Olivier Besancenot. Ce bon score place Mélenchon en situation de force au sein du Front de gauche, en particulier vis-à-vis des communistes. Devenue la personnalité principale du mouvement, il devrait logiquement en être le porte-parole pour la campagne présidentielle. Marine Le Pen La fille du fondateur du Front national va profiter du score inattendu du parti d'extrême droite pour asseoir son autorité jusque-là contestée sur le mouvement. Elle devrait logiquement en être élue présidente à la fin de l'année. Ce qui la place en situation pour la présidentielle.

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